Chloé tuée à Calais : la justice polonaise exprime ses regrets mais nie toute responsabilité

Le tribunal de Varsovie.
Le tribunal de Varsovie.

La justice polonaise a exprimé vendredi ses regrets après l'"immense tragédie" causée par le meurtre à Calais d'une fillette par un Polonais, mais a décliné toute responsabilité pour le fait qu'il se soit trouvé en liberté alors qu'il devait purger un an de réclusion.

Par Emmanuel Magdelaine

"Nous regrettons l'immense tragédie survenue en France", mais le tribunal régional de Varsovie "n'en porte aucunement la responsabilité, car il n'a manqué à aucune procédure" concernant le meurtrier présumé, Zbigniew Huminski, un Polonais de 38 ans, a déclaré la porte-parole du tribunal, Ewa Leszczynska-Furtak.

Elle a précisé que l'homme en question avait été condamné le 18 novembre dernier à un an de prison pour tentative de cambriolage d'une voiture remontant à l'an 2000 et que cette peine a été confirmée en appel le 27 mars dernier. Cependant, a-t-elle expliqué, bombardée de questions par les journalistes polonais, le tribunal n'avait aucune raison de le faire arrêter immédiatement.

Selon la procédure, les avocats disposent de 7 jours pour demander au tribunal les attendus du jugement et le tribunal doit les fournir dans les 14 jours qui
suivent. C'est seulement quand ces délais sont épuisés que le dossier retourne au tribunal de première instance qui est chargé de faire exécuter la décision judiciaire, a-t-elle expliqué en substance.
 

En Pologne, Huminski avait un emploi

La France, où l'accusé a purgé une peine de six ans de prison, n'a pas fourni à la Pologne d'indications sur ses éventuels problèmes psychiatriques, tandis que les experts polonais l'ont jugé pleinement responsable de ses actes, a indiqué la porte-parole. Le tribunal n'avait aucune raison de le faire arrêter, car l'accusé se présentait aux audiences et "une enquête de voisinage a montré qu'il avait un mode de vie stable, des relations familiales correctes et qu'il avait pris un emploi", a encore dit la porte-parole.

"La faute incombe à l'accusé, pas au tribunal", a-t-elle résumé, avant de préciser que la justice polonaise est prête à fournir toute assistance nécessaire aux tribunaux français si ces derniers la demandent.

L'enlèvement, le viol et le meurtre mercredi d'une fillette de 9 ans dans le nord de la France a suscité une vague d'émotion tant en France qu'en Pologne où l'affaire était largement rapportée par les médias.

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