Abbeville : le musée éphémère de street art "Transition" ouvre enfin ses portes au public et remporte un succès fou

C'était l'événement attendu depuis des mois à Abbeville : l'ouverture du musée éphémère de street art Transition. Repoussée à plusieurs reprises par les contraintes sanitaires, elle a enfin eu lieu... et le public est au rendez-vous. 

Par un jeu de perspectives, Scaf arrive à donner une impression de volume à ses œuvres.
Par un jeu de perspectives, Scaf arrive à donner une impression de volume à ses œuvres. © Boris Granger / FTV

"Tous les créneaux sont déjà complets pour le mois de mai ! Les gens sont ravis, ils viennent de partout. On va voir pour ouvrir des créneaux supplémentaires", s'enthousiasme Yann Colignon, à l'initiative du projet avec son association 80100 Skatepark. Transition, c'est un peu son bébé, il y travaille depuis 2018. L'idée de départ est simple : transformer un bâtiment HLM voué à la démolition en musée éphémère de street art, comme cela a déjà été fait à Paris avec la fameuse "tour 13". C'est comme ça qu'à partir d'octobre 2020, la façade et les 24 appartements vides se remplissent petit à petit de dessins et de couleurs grâce à 80 artistes et des collégiens du secteur. 

Aujourd'hui, l'immeuble est méconnaissable. La façade, les murs intérieurs, et même le toit, sont recouverts d'oeuvres d'art géantes. Des styles radicalement différents s'y côtoient. "Les gens sont surpris déjà par le nombre d'oeuvres à l'intérieur, mais ce qui les surprend le plus, c'est l'éclectisme." Il faut dire que le projet abbevillois n'a rien à envier à son homologue parisien. "Des blogueurs parisiens spécialisés dans le street art sont venus visiter, et ils nous ont dit qu'ils avaient trouvé ça encore plus diversifié que la tour 13 !", raconte Yann Colignon. 

Le temps d'un été

Cette ouverture au public était attendue depuis de longs mois. Les confinements successifs ont obligé les organisateurs à la repousser à plusieurs reprises, s'approchant de plus en plus dangereusement de la date de démolition, initialement prévue le 29 juin. Car oui, tout sera bien détruit comme prévu ! Mais du fait de la situation exceptionnelle, la démolition a semble-t-il été reportée. "On attend encore l'annonce officielle par la préfecture, mais normalement, c'est bon, on va pouvoir passer l'été. On espère pouvoir pousser jusqu'au week-end du 19 septembre, pour finir en beauté avec les journées du patrimoine", précise Yann Colignon. 

Le caractère éphémère a toujours été connu et fait partie intégrante du projet, mais l'existence du musée sera finalement encore plus courte que prévue, même avec ce report. Elle devait durer cinq mois, ce sera finalement trois mois et demi tout au plus. Mais Yann Colignon est optimiste : il compte sur la saison estivale et l'afflux de touristes. "Les jours de mauvais temps, les gens en vacances sur la côte viendront ici !", plaisante-t-il.

"On ne voulait pas que l'argent soit un frein à la visite"

Parmi les visiteurs, on trouve justement des touristes, de la région ou au-delà, des Parisiens, mais aussi des habitants du quartier, curieux de découvrir cet incroyable musée qui s'est dessiné pendant plusieurs mois sous leurs yeux. "On a même des anciens locataires qui sont venus, ils nous ont montré leur carte d'identité avec leur ancienne adresse dessus, c'est quelque chose d'émouvant. Ils sont contents de voir un dernier hommage rendu à leur ancien logement.

Le lieu attire d'autant plus que la visite est gratuite. "Les gens peuvent donner ce qu'ils veulent à la fin, mais on ne voulait pas que l'argent soit un frein à la visite, surtout que c'est quand même un art qui vient de la rue, on n'avait pas envie de faire payer pour ça. Et puis la gratuité permet aux gens de venir plusieurs fois." 

Pour en profiter, il va falloir faire vite : la réservation est obligatoire, sur le site internet du projet Transition. Et les créneaux partent vite ! Pour des questions de confort de visite et de restrictions sanitaires, les visites se font par groupe de six personnes toutes les 20 minutes, de 14h à 20h pour le moment, en attendant que le couvre-feu soit décalé puis supprimé. 
 

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