Les producteurs laitiers du Nord et du Pas-de-calais soulagés de l'accord trouvé ce mardi à Laval avec le groupe Lactalis.  Le numéro 1 mondial consent à une augmentation progressive du prix du lait payé aux éleveurs jusqu'en décembre.

Un accord sur le prix du lait a été trouvé mardi entre Lactalis et les organisations de producteurs qui ont fait céder le géant laitier après une mobilisation nationale lancée lundi contre ses sites de production et ses marques dans les grandes surfaces.
"Nous avons réussi à trouver un point d'accord avec l'entreprise sur une rémunération de producteur de lait d'ici à la fin de l'année qui est de 290 euros de moyenne les 1.000 litres", a déclaré mardi à la fin de la réunion de négociation Sébastien Amand, vice-président de l'Organisation de producteurs Normandie Centre, qui participait aux discussions.
Le prix d'achat de Lactalis était de 256,90 euros en juillet, l'un des prix les plus bas du marché. Après accord, le prix du lait pour août sera de 280 euros la tonne et augmentera de 5 euros tous les mois pour parvenir à 300 euros en décembre.

300 euros les 1. 000 litres de lait en décembre

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, où les producteurs s'étaient mobilisés lundi soir devant l'usine Lactalis de Cuincy près de Douai, l'heure est au soulagement : " 300 € les 1. 000 litres, ça va quand même se voir sur la fiche de paye. C'est une avancée", commente Jean-Christophe Rufin, vice-président de la FDSEA du Nord. "Rien que d'avoir fait signer quelque chose à ces gens là, c'est même une sacrée évolution", ajoute-t-il en référence au mépris opposé aux éleveurs pendant toute la durée de ce bras de fer par le dirigeant de Lactalis, le si secret Emmanuel Besnier.
L'augmentation concédée va permettre aux producteurs qui travaillent pour le géant laitier de percevoir une rémunération sensibement équivalente à celle des autres groupes de la filière.

Obtenir la reconnaissance du coût de production dans la rémunération du lait

"Il faut néanmoins rester conscient que la concurrence étrangère sur les produits laitiers nous reste très défavorable", tempère le syndicaliste, qui ajoute : "Notre combat va aussi continuer pour obtenir la reconnaissance du coût de production dans le prix qui nous est fixé. Aujourd'hui, un litre de lait coûte le prix d'une cigarette. Ce n'est quand même pas cher payé".

En attendant de prochaines négociations, les producteurs laitiers suspendent leurs actions.
Le ministre de l'Agriculture doit d'ailleurs présenter mardi aux professionnels du secteur laitier le plan de régulation de la production française demandé par la Commission européenne en juillet, en contrepartie de nouvelles aides financières.