La chambre de métiers et de l'artisanat des Hauts-de-France pourrait fermer des antennes dont trois centres de formation

La chambre de métiers et de l'artisanat des Hauts-de-France pourrait entreprendre un plan de restructuration, à la suite de problèmes de recettes. Des antennes économiques et des centres de formation seraient alors touchés.

La chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) des Hauts-de-France sonne l’alerte. Après une bonne année 2022 et un bénéfice de 3,5 millions d’euros, Laurent Rigaud, président de la CMA de la région, dévoile des mauvaises projections. "Cette année, on va être à moins 1,5 million. L'année prochaine, à moins 6 millions. Pour 2025 à moins 11 millions. Ce n’est pas possible. L’État qui est notre tutelle ne peut pas nous laisser”, déplore-t-il.

Ce dernier rappelle qu’en tant qu’établissement public, il ne peut y avoir de bénéfice. Les résultats, comme ceux de l’an passé, sont redistribués dans les territoires en accompagnement des entreprises et dans les centres de formation.

La CMA fait face à une augmentation de plusieurs charges : celle de l’énergie (2,5 millions d’euros), et celle de la revalorisation du point d’indice des salariés (2,5 millions d’euros). Laurent Rigaud pointe deux autres aspects mettant à mal les finances.

Des sources économiques en moins

Le premier est la "taxe pour frais" dont l’État ponctionne une partie plus importante. Il s'agit d'une taxe payée par les artisans, récolté par l'État et reversée à la CMA France. En somme, "la chambre de métiers ne coûte rien à l'État puisque ce sont les artisans, en payant une taxe, qui financent la chambre de métiers", explique Laurent Rigaud.

Autre baisse dans le budget de la CMA, le coût contrat. L'organisme France compétences, gestionnaire du financement de l’apprentissage, a décidé de baisser de 10% sa prise en charge de l’apprentissage "sur une quinzaine de formations".

Avec cette projection, c’est une nouvelle menace qui plane pour certaines antennes et certains centres de formation des Hauts-de-France. L’an passé, "j'ai fermé des antennes économiques, mais j'ai redéployé les collaborateurs sur le territoire, avec des partenaires. Là, si on doit fermer un centre, on va licencier, sinon on ne fait pas d'économie", expose Laurent Rigaud. 

Une centaine d'emplois et trois centres de formation menacés

Au total, une centaine d’emplois pourraient être supprimés. Dans l’Aisne, "ce sont plusieurs sites" qui seraient concernés, précise José Faucheux, président de la CMA du département.

Des centres de formation sont aussi menacés. Ceux de Château-Thierry et de La Capelle dans l’Aisne, puis celui de Caudry, dans le Nord. Laurent Rigaud rappelle : "On a fait le choix d'être dans le fin fond des territoires, en accord avec la tutelle de la région, à l’époque où cette dernière avait la compétence apprentissage", passée depuis aux mains de l’État. Ces petits centres, regroupant au total 600 apprentis, qui ne sont pas rentables, étaient alors jusque-là rééquilibrés par les plus grosses structures de la région.

En attendant, le président de la CMA des Hauts-de-France, comme celui de l’Aisne se veulent rassurants. Ce dernier imagine des économies partout où c'est possible. Il prend notamment l'exemple de transports jusqu'alors gratuits. "C’était un service qu'on pouvait rendre quand on avait les moyens. On ne peut plus rendre ce service avec une gratuité."

Un préavis de grève le 13 octobre 

Après avoir rencontré le préfet de région, une réunion est prévue ce jeudi 12 octobre avec le préfet de l’Aisne. Si Laurent Rigaud a bon espoir de régler la situation, il rappelle que des solutions doivent être trouvées avant l’assemblée générale de la chambre, le 20 novembre prochain.

Par ailleurs, inquiets de l'évolution de la situation, la CFDT a déposé un préavis de grève le 13 octobre, à l'échelle nationale. "Contre les menaces sur l'emploi, la paupérisation croissante des agents, la dégradation des conditions de travail et la fermeture de sites.