Agression d'un enseignant à Laon : 15 mois de prison avec sursis

Cinq membres d’une même famille comparaissent devant le tribunal judiciaire de Laon, ce mardi 20 avril, pour l'agression d'un enseignant. Trois peines de 15 mois d'emprisonnement avec sursis ont notamment été prononcées. Récit.

Le tribunal judiciaire de Laon a prononcé trois peines de prison avec sursis à l'encontre des agresseurs de l'enseignant.
Le tribunal judiciaire de Laon a prononcé trois peines de prison avec sursis à l'encontre des agresseurs de l'enseignant. © Eric Henry/France Télévisions

C'est dans la soirée ce mardi 20 avril, après deux heures de délibération et une après-midi de débats, que le tribunal judiciaire de Laon a rendu son jugement. Trois hommes, tous frères, ont été condamnés à 15 mois de prison avec sursis pour l'agression d'un enseignant. Deux autres femmes de la même famille ont, elle, écopé de 105 heures de travail d'intérêt général. Ces condamnations ont été saluées par les parties civiles.

C’est une réponse à la hauteur de la gravité des faits. Au-delà de sa personne, il a été porté atteinte à l’un des piliers de la République.

Maître Alexandre Martin, avocat de l'enseignant agressé

Retour sur les faits

Le 22 mars dernier, aux abords de l'école maternelle Hélène Boucher de Laon, dans l'Aisne, Jean-François Grassart, enseignant, s'entretient avec la mère d'un élève. Il évoque avec elle l'absentéisme répété de l'enfant (119 demi-journées d'absence). Plus tard dans la journée, vers 14 heures, la mère revient à l'établissement accompagnée de quatre autres membres de sa famille : le père de l'enfant, la grand-mère et deux oncles. Les proches, qui souhaitent retirer l'enfant de l'établissement, justifient l'absentéisme par la peur du Covid. C'est à ce moment-là que la situation s'envenime. Les trois hommes frappent l'enseignant dans la cour de récréation. Des coups de pied et de poing lui sont alors assénés. Blessé, l'instituteur a dû être hospitalisé. Cette agression lui a valu deux jours d’incapacité temporaire de travail (ITT). Un mois après les faits, il est toujours en arrêt. "Mon client subit un stress post-traumatique important", indique son avocat, Me Alexandre Martin.

Jean-François Grassart (à droite), enseignant, a été agressé dans son établissement scolaire, le 22 mars.
Jean-François Grassart (à droite), enseignant, a été agressé dans son établissement scolaire, le 22 mars. © Eric Henry/France Télévisions

"Une attaque commando", d'après la directrice

Pendant l'agression, un agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem) a entendu l'un des proches proférer des menaces et vouloir "mettre le feu" à l'école. La directrice a également été prise à partie par la grand-mère. Devant le tribunal, la victime est apparue bouleversée. En larmes, elle a fait le récit des évènements en évoquant notamment un acte prémédité. Elle a par ailleurs précisé que d'autres membres de la famille attendaient à l'extérieur de l'établissement et a qualifié l'agression d'"attaque commando".

Deux agressions en quelques jours

Une agression similaire a eu lieu quatre jours auparavant à l'école maternelle Paul Bert de Nogent-sur-Oise. La mère d'une élève a pénétré dans l'établissement accompagnée de sa fille aînée, âgée de 19 ans. À la suite d'une discussion qui aurait mal tourné, la directrice et un agent ont été roués de coups, menacés et insultés. Cette affaire sera présentée devant le tribunal correctionnel le 17 mai.

"Totalement inacceptable", pour Blanquer

La multiplication des agressions envers les professeurs a poussé le ministre de l'Éducation nationale à réagir. En visite dans une école de La Fierté-Milion dans l'Aisne fin mars, Jean-Michel Blanquer a dénoncé ces comportements : "C'est totalement inacceptable."

C'est absolument scandaleux. Les professeurs sont un pilier de la République et pour ça, ils doivent être respectés. L'école est un sanctuaire. La violence peut exister, mais elle n'a pas sa place dans l'école."

Raphaël Muller, recteur de l'académie d'Amiens

 "On a la chance en France d'avoir une école gratuite, laïque et obligatoire. À partir du moment, où les agents défendent ces valeurs et essayent de les faire respecter, il est inconcevable que ce type de violence se produise", a, de son côté, ajouté Guillaume Hilly, représentant Snuipp 02. 

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