"C'est totalement inacceptable" réagit Jean-Michel Blanquer après deux agressions dans des écoles de l'Oise et l'Aisne

Depuis jeudi 18 mars, deux agressions au sein de deux écoles ont eu lieu, l'une à Nogent-sur-Oise et l'autre à Laon. Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, en visite dans l'Aisne promet des sanctions exemplaires.

Dispositif de sécurité renforcé devant le groupe scolaire Carnot de Nogent-sur-Oise lundi 22 mars 2021.
Dispositif de sécurité renforcé devant le groupe scolaire Carnot de Nogent-sur-Oise lundi 22 mars 2021. © FTV

En visite dans une école de La Fierté-Milion dans l'Aisne, le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer est revenu sur les récentes agressions survenues dans deux écoles de l'Oise et de l'Aisne. 

"C'est totalement inacceptable, c'est l'occasion d'envoyer un message de respect de nos professeurs, de nos directeurs et directrices d'école qui font un travail exceptionnel dans la période actuelle, a-t-il réagi. Cette agressivité physique, qui est la pointe extrême d'une agressivité verbale qu'on rencontre trop souvent, dit quelque chose de l'état de nervosité de notre société. Quand un tout petit nombre de gens se comporte comme ça, on doit évidemment le condamner."

Dispositif de sécurité renforcé à Nogent-sur-Oise

Le dispositif de sécurité a été renforcé lundi 22 mars devant le groupe scolaire Carnot à Nogent-sur-Oise. Plusieurs agents du rectorat et de la police municipale étaient présents devant l'école où a eu lieu l'agression de la directrice de l'école maternelle et d'une Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles).

Jeudi 19 mars, en fin d'après-midi, la mère d'une élève scolarisée dans cette école a pénétré dans l'établissement accompagnée de sa grande fille. À la suite d'une discussion qui aurait mal tourné, la directrice et l'Atsem ont été rouées de coups, menacées et insultées. 

Un personnel de l'établissement a pu s'interposer. Les deux femmes ont été prises en charge par les urgences, l'une est blessée à l'épaule, l'autre au poignet. Les deux mises en cause ont été placées en garde à vue et entendues par le parquet de Senlis. 

Service municipaux à l'arrêt jeudi 25 mars

Une agression d'une rare violence qui a choqué bon nombre de parents d'élèves et habitants de la commune. "L'école c'est le lieu où tous les enfants doivent avoir une chance et on s'en prend au personnel, aux enseignants et aux Atsem, c'est-à-dire à ceux qui travaillent au service des enfants et des parents. Je trouve ça inadmissible et incompréhensible", témoigne le maire de la ville Jean-François Dardenne.

La mairie a porté plainte notamment pour que l'Atsem agressée bénéficie d'une aide pour effectuer un recours en justice. Un mouvement de grève a été annoncé par les syndicats enseignants jeudi 25 mars. Ce même jour, tous les services municipaux, l'Hôtel de ville, la restauration scolaire, les crèches et le périscolaire de Nogent-sur-Oise seront fermés. Une décision prise par la mairie en solidarité avec les personnels agressés. "Ces mesures entraînent de facto l'impossibilité d'ouvrir les écoles nogentaises et le fait qu'aucune solution d'accueil ne pourra être proposée. Les services reprendront leur fonctionnement normal, dans les règles du confinement, dès le lendemain, vendredi 26 mars", a annoncé la marie dans un communiqué. 

Des faits de plus en plus récurents 

Lundi 22 mars, dans la matinée, une seconde agression est survenue. Cette fois, il s'agit d'un enseignant de l'école maternelle Hélène Boucher à Laon. Après avoir constaté un absentéisme répété chez l'un de ses élèves, il a rappelé à son père le caractère obligatoire de l'école. Celui-ci l'a alors roué de coups et a menacé la directrice. Blessé, l'instituteur a dû être hospitalisé. 

"On a la chance en France d'avoir une école gratuite, laïque et obligatoire. À partir du moment, où les agents défendent ces valeurs et essayent de les faire respecter, il est inconcevable que ce type de violence se produise", affirme Guillaume Hilly, représentant Snuipp 02. 

Malheureusement, depuis le début de la crise sanitaire, ces comportements sont de plus en plus répétés. "On fait face à une augmentation de ce type de violence, des faits à peu près similaires, confie Guillaume Hilly. On est une des rares professions où le télétravail n'est pas possible et on est déjà fort mal payé pour l'ensemble des missions qui nous incombent. On ne peut pas être en plus le punching-ball du mal-être social ambiant. On attend donc que des sanctions exemplaires soient prises."

L'école maternelle Hélène Boucher est fermée ce lundi. Les syndicats doivent se concerter afin de décider d'un éventuel mouvement social.

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