Guerre en Ukraine - Bloquée en Russie, la joueuse de tennis de table Polina Mikhailova a pu retrouver son club de Saint-Quentin : "ce qui se passe l'affecte beaucoup"

À quelques jours de matchs importants, le club de tennis de table de Saint-Quentin a bien cru ne pas pouvoir retrouver l'une de ses joueuses phares, Polina Mikhailova. Alors qu'elle s'entraînait à Saint-Pétersbourg, la pongiste s'est retrouvée bloquée en Russie à cause de la guerre en Ukraine.

Une qualification en finale se jouait mardi 12 avril au club de tennis de table de Saint-Quentin (TTSQ). L'équipe dames affrontait Metz lors de la demi-finale retour des play offs.

Parmi les pongistes à l'affiche, Polina Mikhailova. Salariée du club de Saint-Quentin depuis 4 saisons, la Russe âgée de 35 ans figure parmi les 40 meilleures joueuses mondiales de tennis de table. Un véritable atout pour le club. Or, il y a quelques semaines, le TTSQ a bien failli ne pas la retrouver.

Mi-mars, alors qu'elle s'entraîne à Saint-Pétersbourg, la guerre en Ukraine éclate, l'espace aérien est fermé et la joueuse ne peut retourner en France. "Elle a le droit de jouer avec nous, elle est salariée d’une entreprise française donc non seulement elle a le droit, mais le devoir de jouer. Mais il faut encore qu’elle puisse nous rejoindre", s’inquiétait alors le président du club de tennis de table de Saint-Quentin, Eric Hennemann.

 "Les premières discussions étaient pleines d'émotions"

Fort heureusement, la joueuse russe a pu trouver une solution : passer par la route jusqu'à Istanbul en Turquie, puis prendre un vol pour la France. Mais le retour dans l'Aisne, fut difficile pour la pongiste. À cause des sanctions infligées à la Russie, elle a dû en prime rendre sa place de représentante des joueuses auprès de la fédération européenne de tennis de table. "Polina est une russe ouverte sur le monde qui sait où trouver l'information. Les premières discussions étaient pleines d'émotions, il y avait des larmes. Après ça passe, mais on a du mal à mesurer la place que ça prend dans la psychologie de la joueuse. Elle peut passer dessus, mais on s'inquiète car la conversation revient sans-cesse", relate le président du TTSQ.

Malgré leur combativité, les pongistes de Saint-Quentin ont dû s'incliner mardi 12 avril face à Metz en demi-finale. Il faut dire que la situation entre l’Ukraine et la Russie n’a pas aidé au bon moral de l’équipe. "Ça l'affecte [Polina, ndlr] beaucoup ce qui se passe et dans une préparation d'un match comme ça c'est très compliqué. Metz aussi a une Russe mais beaucoup plus jeune, 21 ans, peut-être beaucoup moins consciente de ce qu'il se passe vraiment", nous a confié Eric Hennemann à la fin de la rencontre.

Reste aujourd'hui la question du visa pour la joueuse russe : sera-t-il reconduit la saison prochaine ?  "On a des grosses inquiétudes là-dessus. On a déjà vu passer des mots du ministère des Sports sur le non-renouvellement des visas pour les Russes pour la saison prochaine", nous indiquait le président du TTSQ. 

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