Pour éviter l'invasion de moustiques, un hélicoptère répand un larvicide bio : "sinon chez nous le soir, on ne peut pas sortir"

Vivre à proximité d'un marais implique, à l'arrivée des beaux jours, de subir de nombreuses piqûres de moustiques. Pour éviter ça, la communauté d'agglomération du Saint-Quentinois a opté pour une solution radicale : la démoustication par hélicoptère.

Les marais de la Somme forment un beau paysage et un bel espace de biodiversité, mais ils présentent un inconvénient majeur : la présence massive de moustiques. Les multiples points d'eau stagnante sont des endroits idéaux pour la ponte de ses insectes et participent ainsi à leur prolifération. 

Pour les habitants du Saint-Quentinois, l'arrivée des beaux jours ne rime donc pas toujours avec des barbecues dans le jardin ou des pique-niques en pleine nature. Pour qu'ils ne soient plus privés de ces belles soirées d'été, la communauté d'agglomération démoustique la zone chaque année depuis plus de 20 ans. 

"Les gens viennent réclamer à la mairie pour savoir quand on va démoustiquer, explique Sébastien Van Hyfte, maire d'Ollezy, un petit village situé près de la frontière entre l'Aisne et la Somme. C'est pour leur bien-être, sinon chez nous le soir, on ne peut pas sortir, il faut toujours faire attention de ne pas allumer les lumières ni ouvrir les fenêtres, pour ne pas avoir de moustiques dans les maisons."

Un produit biologique qui cible les larves

La zone à traiter étant étendue et difficilement praticable, le choix de la technique de démoustication s'est porté sur un épandage par hélicoptère. L'engin survole les 80 hectares de marécages et de zones boisées et répand un produit larvicide biologique. "Le produit va dans l'eau et les larves, en mangeant, vont l'ingérer. Ça va abîmer leur système digestif et les faire mourir, explique Pierre Charlier, pilote de l'entreprise Air Champagne, spécialisée dans l'épandage aérien. En amont, les techniciens travaillent sur les zones à démoustiquer, et c'est répertorié sur notre GPS. Ce sont des zones d'un à cinq hectares dans lesquelles il y a des larves."

Le pilote aguerri doit allier concentration et précision. "Il faut rester suffisamment bas pour que les gouttes qui sortent du système d'épandage de l'hélicoptère arrivent au sol. Parfois, l'hélicoptère est juste au ras de l'eau, donc ça va, mais dès qu'on monte un peu à cause de la végétation, les arbres par exemple, il faut que les gouttes soient suffisamment grosses pour qu'elles puissent descendre jusqu'en bas. C'est un travail de précision : on passe entre 50 centimètres et 1,5 mètre de la canopée."  

Une fenêtre de tir réduite

Cette année, la démoustication est particulièrement utile. L'importante pluviométrie du printemps a provoqué la formation de nombreuses flaques et mares idéales pour le développement des larves. Et il ne faut pas tarder : pour être efficace, le produit doit être répandu à un moment précis. "Le traitement doit se faire avant le développement des moustiques volants. Une fois qu'ils sont éclos, c'est fini, précise Christophe Villain, conseiller technique de la gestion des cours d'eau à la communauté d'agglomération du Saint-Quentinois. Donc on a une toute petite fenêtre d'intervention, de quelques jours seulement."

Un épandage supplémentaire pourrait être réalisé cette année en cas de besoin. Coût de chaque passage : 12 000 euros. 

Avec Rémi Vivenot / FTV

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