Dernière séance pour le projectionniste de Vervins dans l'Aisne après plus de 60 ans passés au cinéma : 12 bénévoles assurent désormais la relève

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Écrit par Eline Erzilbengoa avec Marine Lesprit
Le cinéma de Vervins dans l'Aisne ne sera pas fermé grâce à 12 bénévoles qui assureront sa reprise.
Le cinéma de Vervins dans l'Aisne ne sera pas fermé grâce à 12 bénévoles qui assureront sa reprise. © Marianne Cazaux / FTV

À 77 ans, le projectionniste du cinéma Piccoli-Piccolo de Vervins dans l'Aisne, a assuré sa dernière séance dimanche 2 janvier. Grâce à la mobilisation des habitants de la commune, le cinéma ne fermera pas ses portes. 12 bénévoles vont désormais se relayer pour projeter les films.

"Voilà c'est parti pour 1h45 de film ! C'est la dernière des dernières, ça y est c'est la fin", lance Edmond Bourgeois, non sans une pointe de nostalgie. 

Dimanche 2 janvier, le projectionniste de 77 ans a assuré sa dernière séance avant de prendre enfin sa retraite. Plus de 60 ans passés au cinéma Piccoli-Piccolo de Vervins, d'abord comme jeune placier à l'âge de 13-14 ans, puis plus tard comme projectionniste et ouvreur. Durant toutes ces années, Edmond Bourgeois faisait fonctionner la salle seul et bénévolement tout en travaillant comme agent des impôts. "L'important pour moi, c'est de faire plaisir aux gens, quand je vois qu'ils ont passé un bon moment en sortant de la salle, cela me fait autant plaisir qu'à eux", nous confie-t-il. 

Pour cette dernière séance, 70 personnes sont venues voir Bienvenue chez les Ch'tis. "On a choisi avec Monsieur le maire, parmi les films qui avaient fait le plus d'entrées. Il y avait Titanic, les Louis de Funès et Dany Boon. Et comme on est du ch'nord et bien voilà", sourit le projectionniste.

Passage de relais

Depuis plusieurs mois, la mairie et l'association qui gère le cinéma essayaient de trouver une solution pour que l'établissement ne ferme pas ses portes. Dans cette commune de 2700 habitants, le cinéma représente l'une des seules offres culturelles.

Heureusement pour Edmond Bourgeois, qui craignait de voir disparaître "son" cinéma, un groupe de 12 bénévoles s'est formé pour en assurer la gestion. Le passage de relais s'effectue en douceur depuis un mois. "Vous allez sur le moniteur de son, vous attendez que le bouton blanc soit allumé, vous appuyez sur marche et à la fin sur le dernier bouton", explique Edmond Bourgeois, sous le regard attentif de Virginie, l'une des bénévoles qui va devoir désormais projeter les films.

"J'ai entendu parler de la fermeture du cinéma et ça m'a fait mal au cœur, on est une petite ville où on n'a pas beaucoup de loisirs, et je me dis que si le cinéma s'arrête, c'est vraiment dommage pour tous les habitants", affirme-t-elle. 

Un dernier changement d'affiche

Pour assurer les 4 séances par semaine, les 12 bénévoles vont se relayer. "Monsieur Bourgeois s'est donné corps et âme à cette activité. Nous, on travaille tous les jours donc pour ne pas être pris tous les week-ends au cinéma, il était important qu'il y ait du monde", poursuit Virginie.

"Pour l'instant, on va faire les séances par binômes, ajoute Vincent, lui aussi bénévole. On ne voulait pas que ça s'arrête. C'est une salle le cinéma, donc quelques fois, il y a du théâtre et des spectacles donc c'est très important qu'elle continue à vivre."

Pendant ce temps, Edmond Bourgeois confie qu'il aimerait désormais s'occuper de son jardin et se remettre à la randonnée. Il assure qu'il reviendra au cinéma, mais en tant que spectateur. "C'est une part de ma vie qui s'arrête. Enfin, qui s'arrête, j'espère encore vivre 20 ans !", sourit-il. En attendant, dimanche soir, lors de sa dernière séance, où il a reçu la médaille de la ville, le projectionniste a tenu à faire son travail jusqu'au bout. Un dernier changement d'affiche, avant de tirer sa révérence.

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