Belgique: des perquisitions dans les milieux radicalisés font chou blanc

La police a mené jeudi matin onze perquisitions dans le nord-est de la Belgique dans les milieux "radicalisés" mais les dix personnes interpellées ont toutes été libérées et ne seront pas poursuivies, a indiqué dans la soirée le parquet fédéral
belge.

Ces perquisitions, sans lien avec les attentats de Paris qui ont fait 130 morts, concernaient un dossier ouvert "il y a plusieurs mois" et visaient "un groupe de personnes radicalisées", a expliqué à l'AFP un porte-parole du parquet, Eric Van Der Sypt.

"Nous avions le choix: soit continuer l'enquête en attendant que cela pose problème, soit intervenir avant. C'est cette seconde option que nous avons choisie, mais les perquisitions n'ont pas donné grand chose", a-t-il ajouté. En conséquence, les dix personnes qui avaient été emmenées pour être entendues par la police ont retrouvé la liberté, aucune charge n'ayant été retenue contre elles, a expliqué M. Van Der Sypt.

Un dossier "relatif à la problématique des départs en Syrie"

Les perquisitions ont eu lieu en région limbourgeoise, dans la partie néerlandophone du pays. Dans cet ancien bassin minier à forte population étrangère situé près des Pays-Bas, où des cellules jihadistes ont déjà été démantelées ces dix dernières années, les policiers étaient intervenus notamment à Dilsen-Stokkem, Maasmechelen, As, Houthalen-Helchteren et Maaseik, avait précisé le parquet plus tôt dans la journée. "Ni armes ni explosifs n'ont été découverts", a précisé le parquet. La police avait procédé le 30 janvier dans la même région à 22 perquisitions qui avaient débouché sur quatre inculpations pour "participation aux activités d'un groupe terroriste". Il s'agissait à l'époque d'un dossier "relatif à la problématique des départs en Syrie", avait expliqué le parquet fédéral. 

La Belgique, petit pays de 11 millions d'habitants, est, en Europe, celui qui compte le plus grand nombre de volontaires partis combattre en Syrie ou en Irak, proportionnellement à sa population. Quelque 494 "jihadistes belges" ont été identifiés: 272 sont en Syrie ou en Irak, 75 sont présumés morts, 134 sont revenus et 13 sont en route pour la Syrie ou l'Irak, selon des chiffres donnés en novembre par la Sûreté de l'Etat, les services de renseignement belges. Par ailleurs, les autorités ont établi une liste de quelque 800 personnes "radicalisées" vivant sur le territoire belge.