Coronavirus - Masques faits main : le rush dans les magasins de tissu et les merceries

Vendredi 24 avril, le gouvernement a autorisé les magasins de tissu et les merceries à rouvrir pour ne vendre que les matières premières nécessaires à la confection de masques artisanaux. Depuis, ils ne désemplissent pas.

Dans l'Aisne, l'Oise et la Somme, les magasins de tissu et les merceries sont pris d'assaut.
Dans l'Aisne, l'Oise et la Somme, les magasins de tissu et les merceries sont pris d'assaut. © Cedric Jacquot/Maxppp
"Je ne peux pas vous parler longtemps ! Il y a beaucoup beaucoup de monde !" A Amiens, Céline, la gérante de La maison en tissu, est presqu'essoufflée au téléphone. Depuis qu'elle a rouvert le magasin lundi 27 avril à 14h, les clients se bousculent à l'entrée : "dès 14h, il y avait du monde sur le parking, explique-t-elle. Les premiers jours, on a ouvert selon nos horaires habituels mais rapidement on a décidé de faire 9h/18h non-stop."

Tissu, élastique et fil


Vendredi 24 avril, le gouvernement a en effet autorisé les merceries et les magasins de tissu à rouvrir. Ils n'ont le droit de vendre que de quoi coudre des masques : tissu, "surtout du coton", élastique et fil.

Les clients sont chaque jour toujours aussi nombreux. Et le magasin a mis en place une organisation qui les oblige à attendre dehors pour y pénétrer : "une vendeuse, un client. Un client sort, un autre entre, explique Céline. Au total, on est 7 vendeuses mais seulement 4 à 5 par jour. Donc, ça ne fait pas beaucoup de clients en même temps dans le magasin. Il y a une file d'attente à l'extérieur".
A l'entrée, du gel hydroalcoolique. Le personnel, lui, porte un masque. 

File d'attente


Les deux vendeuses de la même enseigne située à Abbeville ont également un masque pour accueillir les clients. Le magasin a rouvert lundi 27 avril à 14h. "Les clients n'attendaient que ça ! nous raconte la voix enjouée d'une vendeuse. Il y avait une file d'attente d'une heure, une heure et demi. On ne fait rentrer qu'un client pour une vendeuse et on n'est que deux vendeuses. Donc c'est un peu long. Ca commence à se calmer mais comme on approche du 11 mai, ça va repartir."

Et comme à Amiens, seules les matières premières pour coudre des masques en tissu peuvent être vendues."Les gens achètent de grandes longueurs de tissus. On ne vend pas beaucoup d'élastique parce que la mercerie à côté a rouvert aussi de 9h à 13h, explique-t-on. elle fait du drive également. Mais on a quand même limité le métrage d'élastique à 5 mètres pour pouvoir tenir."

Ruptures de stock


C'est également l'élastique qui a été pris d'assaut chez Textiloisirs. L'enseigne a plusieurs magasins dans les Hauts-de-France et en moins de deux jours, le stock a été dévalisé :
 
Chez Créafil à Noyon dans l'Oise, ouvert depuis 15 jours en drive et de 9h à 17h depuis le 29 avril, le calme est revenu ce samedi après une semaine intense. "J'ai eu du monde tout de suite, explique la propriétaire Sophie Brunin. Beaucoup de clientes me demandaient sur ma page Facebook quand j'allais rouvrir. Comme je fais entrer une personne à la fois, les gens attendent dehorsIl y a du gel à l'entrée et je demande le port du masque obligatoire. Et c'est moi qui sers. Les gens respectent bien tout ça."

Le problème, ce sont les ruptures de stock : plus d'élastique, d'aiguilles à machine à coudre et de fil blanc "On n'arrive pas à se faire livrer, raconte Sophie Brunin. Tous mes fournisseurs sont en rupture de stock. Ils m'annoncent une livraison pour jeudi et je sais que ça va partir très vite. J'ai été un peu prise de cours : je n'aurais jamais pensé vendre autant d'élastique en si peu de temps. Mais de toutes façons, les fournisseurs étaient en rupture depuis un moment".

Et de conclure : "Ca fait du bien de revoir du monde !"


 
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