Crise sanitaire : 500 euros pour les étudiants sans alternance, "pas suffisant" pour l'UNEF et Solidaires

Les élus de la région Hauts-de-France ont voté, ce jeudi 25 mars, en faveur d'une aide de 500 euros pour les 1 046 jeunes qui n'ont pas trouvé de contrat d'apprentissage. Un soutien salué par les syndicats étudiants l'Unef et Solidaires Lille, qui trouvent néanmoins qu'il ne va pas assez loin.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Vincent Isoré - MaxPPP

La séance plénière du conseil régional des Hauts-de-France a été marquée par plusieurs votes que la région n'a pas tardé à mettre en avant, jeudi 25 mars : la mise à disposition de protections périodiques dans les lycées à partir de septembre, l'aide aux loyers pour les commerçants qui ont vu leur enseigne fermer avec ce troisième confinement, et l'aide de 500 euros pour les jeunes inscrits en apprentissage mais qui n'ont pas trouvé pas de contrat six mois après le début de leur formation. Un soutien qui concerne 1 046 jeunes inscrits dans un centre de formation d'apprentis (CFA) des Hauts-de-France sans entreprise au 15 mars.

"Cette décision d’un soutien exceptionnel aux jeunes motivés par l’apprentissage mais coupés dans leur élan professionnel, répond à une urgence sociale de plus en plus préoccupante, conséquence directe de la crise sanitaire", est-il écrit dans le communiqué de presse de la région. Ces 500 euros sont versés en une fois et doivent permettre "de soulager les dépenses qu’ils doivent assumer malgré l’absence de revenus, telles que l’achat de matériel professionnel et pédagogique, le logement, les déplacements ou les repas par exemple", toujours selon le communiqué.

Une aide "pas suffisante"

Sollicités par France 3 Nord Pas-de-Calais, Solidaires étudiant-e-s et l'Unef approuvent cette aide. "Globalement, tout aide est bonne à prendre, il faut l'accueillir comme une bonne chose", a réagi Gildas Fichet, de Solidaires à Lille. Pour Boutayna Zennouti, secrétaire générale de l'Unef Lille, "cette aide soulage un peu, c'est le bon premier pas à mener".

Mais les deux représentants syndicats sont d'accord : ce soutien n'est pas suffisant. "Ca ne remplace pas un salaire mensuel", peste Gildas Fichet. L'épidémie de coronavirus et les trois confinements qui en ont découlé ont aggravé les inégalités et mis encore plus en difficulté des jeunes qui avaient déjà peu de moyens. "Entre 16 et 18 ans, un jeune en apprentissage touche 460 euros par mois... Après 26 ans, un étudiant touche 100 % du SMIC. On en est loin" explique M. Fichet.

"Ce sont des jeunes qui comptent sur leur salaire d’alternant pour payer leur loyer, se faire à manger... Ils sont touchés de plein fouet par cette précarité, cela fait plus d'un an qu'il n'ont pas de salaire mensuel."

Gildas Fichet, Solidares étudiant-e-s

Un constat partagé Boutayna Zennouti, étudiante en première année de droit à Lille 2. "L'aide couvre à peine le loyer... Entre la nourriture, les frais de transport, le loyer, les possibles consultations chez le psy, le médecin généraliste, les médicaments, ce n'est pas suffisant."

"Le gouvernement se fout de la situation des étudiants"

Elle a rencontré des alternants qui n'ont pas trouvé d'entreprise. "Ils ont été refusés partout, ils m'ont dit que les entreprises avaient peur d'être obligées de les embaucher à l'issue du contrat."

Gildas Fichet souhaite que l'aide accordée par la région soit plus importante, "un dispositif plus large pour compenser la perte de salaire, à hauteur du salaire touché", explique le réprésentant de Solidaires. Un dispositif semblable au chômage. "Ça ne remplacera jamais l'expérience professionnelle, mais si ça peut éviter que ces étudiants sombrent dans la précarité..."

Boutayna Zennouti, elle, estime que cette aide ne devrait pas être limitée aux 1 046 bénéficiaires et devrait être "élargie". "Mais de toute façon, le gouvernement se fout de la situation des étudiants..."

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