Dans l'Aisne et l'Oise, les pluies anormalement élevées et la végétation importante favorisent les crues cet été

L'Aisne et l'Oise ont été placées en vigilance orange aux crues. Le phénomène, plutôt rare en été, ne surprend pas pour autant les spécialistes. Explications.
Inondations à Guignicourt dans l'Aisne, le 20 juillet 2021.
Inondations à Guignicourt dans l'Aisne, le 20 juillet 2021. © Paul-Antoine Leclercq / France Télévisions

Alors que les beaux jours sont enfin là et que la température avoisine les 30°C, les départements de l'Aisne et de l'Oise ont été placés en vigilance orange aux crues.

Vigilances crues jaune et orange pour les rivières Aisne et Oise, le 20/07/2021
Vigilances crues jaune et orange pour les rivières Aisne et Oise, le 20/07/2021 © FTV

Un phénomène "logique" pour Jean-Michel Cornet, directeur du syndicat mixte Entente Aisne Oise et ingénieur en génie civil spécialiste des crues : "On attendait les crues depuis quelques jours. C’est la pluie qui est tombée les 14 et 15 juillet qui descend. Ce n’est pas parce qu’il fait beau qu'on est sorti d'affaire."

Des crues comparables à décembre 1993

Sur Berry-au-Bac, première station du réseau Vigicrues dans le département de l'Aisne, le niveau monte assez vite. L'eau a atteint 4,85 mètres ce mardi 20 juillet. Un record historique : en décembre 1993, une hauteur de 4,81 mètres avait été relevée.

Comment expliquer ces crues aussi importantes ? D'abord, il s'agit là d'une situation exceptionnelle pour un mois de juillet. "D'habitude, on a des situations de type orages, c'est-à-dire beaucoup de pluie sur un petit territoire très localisé. Là, on a eu beaucoup de pluie. Ça a duré entre 30 et 36 heures et la perturbation a été assez importante", rappelle Jean-Michel Cornet.

Une descente des eaux plus compliquée l'été

Autre critère à prendre en compte : la période estivale ne facilite pas la descente des eaux : "Les vallées sont actuellement très végétalisées et donc ça freine énormément la progression de l'onde de crue. Il y a beaucoup de cultures comme le blé."

Le spécialiste craint même des "dégâts importants" dans les prochaines heures autour de Soissons dans les secteurs de Bucy-le-Long, Venizel ou encore Villeneuve-Saint-Germain. "Que les habitants le long des rivières Oise et Aisne s'apprêtent à être surpris : le niveau monte très vite et comme on n'a jamais vu ça en juillet, c'est très surprenant", prévient Jean-Michel Cornet.

Les agriculteurs d'ores et déjà touchés

Sur les réseaux sociaux, des agriculteurs filment leur exploitation déjà sous les eaux. "Ici, on est dans la vallée de l'Oise, dans la commune de Brissy-Hamégicourt, les blés sont mal en point. C'est foutu, ça va nourrir personne", se désole un exploitant.

Le député LR de la 2e circonscription de l'Aisne, Julien Dive, a réagi sur Twitter. "Parce que les vannes ont été ouvertes en amont mais pas en aval, le département de l'Aisne fait office de tampon. [...] Résultats : champs inondés", écrit-il notamment.

Contacté par téléphone, le parlementaire nous dit "regretter le manque d'informations de la part des autorités vis-à-vis des éleveurs". "Les vannes de la Seine n'ont pas été ouvertes de la même manière qu'en amont", assure-t-il. Un argument rejeté par Jean-Michel Cornet, ingénieur en génie civil spécialiste des crues : "L'Oise se jette en aval de Paris. C'est un faux débat."

Le député souhaite désormais que soient mises en place des "indemnisations" pour les agriculteurs qui ont perdu définitivement leurs récoltes. Alors que les moissons commencent à peine, le bilan pour le secteur pourrait être lourd.

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