Après des départs séparés depuis Abbeville, Calais, Bondues ou Valenciennes, le convoi de la liberté en direction de Paris

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Écrit par Martin Fort avec Matthieu Rappez, Tristan Baudenaille, Loic Beunaiche, Elise Ramirez et Lena Malval

Le convoi parti des Hauts-de-France veut bloquer Paris pour protester contre la baisse du pouvoir d'achat et les privations de liberté liées à la situation sanitaire.

Le convoi de la liberté, comme le nomment les manifestants qui le composent, de la région Hauts-de-France s'est rassemblé à côté d'Amiens, à Glisy, à la mi-journée, vendredi 11 février. Les manifestants étaient partis plus tôt de Calais, de Bondues, de Valenciennes ou encore d'Abbeville.

Vers 15h30, environ 200 véhicules et 450 personnes ont pris le départ en direction de La Rue-Saint-Pierre (Oise), à côté de Beauvais, où les cohortes de Laon et Chauny doivent fusionner avec le groupe principal.

Le convoi a emprunté les routes nationales, ne dépasse pas les 60 km/h et roule derrière la police qui ouvre le chemin, comme a pu le constater nos journalistes sur place, Elise Ramirez et Lena Malval. Si la destination finale est Paris, tous les manifestants ne rejoindront pas la capitale pour des raisons financières ou de temps.

Vendredi 11 février au matin, plusieurs dizaines de véhicules sont partis depuis Calais, Bondues, Valenciennes ou encore Abbeville pour témoigner de leur difficulté à vivre avec ce qu'ils gagnent et pour dénoncer le pass vaccinal.

"Je travaille pour payer l'essence qui est nécessaire pour aller travailler", regrette par exemple ce chauffeur routier interrogé à Calais par notre journaliste sur place, Matthieu Rappez. Circulant sur sa moto, il comptait au moins aller jusqu'à Beauvais avant de faire demi-tour.

"J'ai une petite retraite de 1 400 euros, j'ai travaillé 35 ans dans ma vie"

Parmi ceux qui l'accompagnaient à 6h du matin, Robert, 70 ans, un ancien chauffeur routier "retraité depuis 10 ans et Gilet jaune depuis 2019". "J'ai une petite retraite de 1 400 euros, j'ai travaillé 35 ans dans ma vie. J'en ai marre. On n'a pas beaucoup de loisirs", raconte-t-il. Lui souhaite que le gouvernement baisse les taxes. Avec sa camionnette aménagée pour dormir dedans, il compte aller jusqu'à Paris, et même Bruxelles. Il a déjà reçu deux doses de vaccin mais ne fera pas la troisième.

"L'idée, c'est de se rassembler pour la liberté, celle de nos enfants, celle des soignants suspendus (à cause du pass sanitaire, ndlr), celle de nos institutions. Nous nous levons de façon pacifique et non-violente pour dialoguer avec ceux qui nous gouvernent. Le but n'est pas d'ennuyer le monde", explique cette autre manifestante.

A Bondues, les manifestants étaient partis dans une ambiance de camaraderie selon notre journaliste sur place, Loïc Beunaiche. Le convoi était escorté par la police et se déplaçait à 40 km/h. Il a fait une pause au mémorial de Vimy.

A Abbeville, une cinquantaine de personnes était présente dans le convoi en direction de la capitale.

Les convois doivent arriver à Paris à la fin de la journée. La préfecture de police de Paris a d'ores et déjà décidé d'interdire les manifestations des convois de la liberté. 7 200 policiers et gendarmes seront mobilisés.

Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a précisé sur LCI ce qui est interdit et ce qui ne l'est pas : "Nous acceptons les manifestations mais dans un cadre légal et accepté par tous. S'ils veulent bloquer la circulation, alors nous allons intervenir."

Pour organiser ces convois, les manifestants ont pris exemple sur ce qu'il se fait actuellement au Canada. Des dizaines de chauffeurs routiers, mécontents des contraintes sanitaires, ont bloqué la capitale, Ottawa, en venant se stationner dans le centre-ville.