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Documentaires - La France en vrai

Le lundi soir, deux documentaires, pour porter un regard sur des histoires remarquables, des histoires de société, des histoires de la France en vrai.
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DOCUMENTAIRES. Mères en exil. Comment les migrantes concilient exil et maternité ?

Les animations illustrant les histoires de ces mamans loin de leurs pays sont signées Y. Gateau / © Mères en exil
Réal. : M. Bornet & L. Samel
Les animations illustrant les histoires de ces mamans loin de leurs pays sont signées Y. Gateau / © Mères en exil Réal. : M. Bornet & L. Samel

Migrants... un mot qui n'est que très rarement employé au féminin. Et pourtant, les femmes représentent plus de 50% des migrants. Quatre d'entre elles témoignent de leur rôle de mère ou de future mère en situation d'exil.

Par MJ

Srwa (prononcer Serwa) a quitté précipitamment son mari violent le soir de Noël 2015. Au Kurdistan, les femmes n'ont aucun droit. Pour vivre avec ses 3 enfants, elle a fui le Kurdistan. 

Pour ne pas subir le même sort que son mari, prisonnier politique en Guinée équatoriale, Seila a fui en France avec ses deux enfants.

Aynalem attend son premier enfant dont le papa habite Clermont-Ferrand. Arrivée d'Erythrée, parler de son passé lui est pour le moment impossible. 

Nishteyman et son mari Bewar habitaient Mossoul jusqu'à l'arrivée de Daech. Le magasin de Bewar est victime d'un attentat et Nishteyman, archéologue, est volontairement infectée de l'hépatite par seringue : pour l'Etat Islamique, son métier est un péché. Ils ont deux enfants. L'aînée est née à Mossoul et le petit Hussein dans le Pas-de-Calais. 

On ne part pas de chez soi juste parce qu'on a envie de partir - Seila migrante Guinéenne mère de deux enfants

Seila et ses fils / © Mères en exil/Réal. : M. Bornet & L. Samel/Corpod LadyBirds Films - Nola Films & France Télévisions
Seila et ses fils / © Mères en exil/Réal. : M. Bornet & L. Samel/Corpod LadyBirds Films - Nola Films & France Télévisions

Les femmes sont-elles des migrants comme les autres ? 

En 2018, selon un rapport du conseil de l'Europe, les femmes représentaient 51.8% des nouveaux entrants sur le territoire français et pourtant, elles semblent invisibles dans les médias.

Selon Margaux Bornet et Léonie Samel, réalisatrices de ce documentaire, elles restent en retrait pour des raisons culturelles parfois, et pour des raisons de sécurité principalement. 
Selon les directives édictées par le conseil de l'Europe dans un rapport intitulé "Protéger les droits des femmes et filles migrantes, réfugiées et demandeuses d’asile" : Beaucoup de femmes et de filles ont été et sont victimes de graves formes de violence fondées sur le genre dans les structures d’hébergement, d’accueil et de détention à travers l’Europe. Les mesures sensibles à la dimension de genre pour lutter contre cette violence, notamment des mesures de maintien de l’ordre sensibles au genre, des refuges, des services de conseil et des programmes de prévention manquent cruellement. On observe également un manque d’installations sanitaires, d’espaces séparés par sexe et de lieux sûrs.

En 2017, l'association GSF (Gynécologie sans Frontières) révélait dans  "le journal des femmes" que 70% des migrantes avaient subi des violences, morales, physiques ou sexuelles.

L'angoisse de Srwa dans la jungle de Calais, illustrée par Y. Gateau / © Mères en exil/Réal. : M. Bornet & L. Samel/Corpod : Ladybirds Films - Nola Films & France Télévisions
L'angoisse de Srwa dans la jungle de Calais, illustrée par Y. Gateau / © Mères en exil/Réal. : M. Bornet & L. Samel/Corpod : Ladybirds Films - Nola Films & France Télévisions

On comprend leurs réticences à témoigner et la volonté de protéger leurs enfants. 

Les associations, soutien prioritaire des exilées

Au moment du tournage, Aynalem et la famille de Nishtyman vivaient dans des logements du CADA de Liévin. Les CADA (Centres d’Accueil de Demandeurs d’Asile) offrent aux demandeurs d’asile un lieu d’accueil pour toute la durée de l’étude de leur dossier de demande de statut de réfugié. Cet accueil prévoit leur hébergement, ainsi qu’un suivi administratif (accompagnement de la procédure de demande d’asile), un suivi social (accès aux soins, scolarisation des enfants, etc.) et une aide financière alimentaire. Les CADA sont en général gérés par des associations ou des entreprises. (source : annuaire action sociale).

Il y a plus de 300 CADA en France dont 22 en région Hauts-de-France. 

Pascale Robiquet est à la retraite. Cette ancienne sage-femme est toutefois très engagée dans l'association Gynécologie sans Frontières. GSF est une organisation non gouvernementale dont la finalité est d’aider la femme, en situation de précarité, partout dans le monde où son développement, sa dignité, sa santé sont négligés, menacés ou niés. (Extrait de la charte GSF)

Et "partout dans le monde" signifie aussi en France, dans ou hors des camps de migrants.

Langage international : le mime. Pascale Robiquet, sage-femme de GSF explique l'accouchement à Aynalem / © Mères en exil
Réal. : M. Bornet & L. Samel/Coprod. : Ladybirds Films - Nola Films & France Télévisions
Langage international : le mime. Pascale Robiquet, sage-femme de GSF explique l'accouchement à Aynalem / © Mères en exil Réal. : M. Bornet & L. Samel/Coprod. : Ladybirds Films - Nola Films & France Télévisions

 

 

Qu'est ce que le "dublinage" et la procédure de Dublin? 

L'accord de Dublin stipule que tout demandeur d'asile doit faire sa demande dans le ptremier pays d'Europe par lequel il est arrivé. Que le demandeur y ait de la famille ou non, que la procédure y soit longue ou très longue, que le pays soit accueillant ou moins accueillant.
Dans les faits, il s'agit du premier pays où il laisse ses empreintes (suite à un contrôle, une arrestation ou autre). S'il échappe au contrôle, il est un fantôme qui continue sa route.

Les pays d'Europe gardent une part de souveraineté sur les modalités du droit d'asile. Certains pays l'accordent plus facilement et/ou rapidement que d'autres. 

Il est possible de "dubliner". Un verbe passé dans le langage courant impliquant l'effacement des empreintes dans le premier pays pour demander l'asile à un autre. Un parcours du combattant qui recule d'autant plus la procédure générale et qui explique la raison pour laquelle le passage en Angleterre se transforme en Graal. L'Angleterre n'applique pas l'accord de Dublin, encore moins depuis sa sortie de l'Europe.

Mères en exil
Un film signé Margaux Bornet et Léonie Samel

A voir lundi 15 novembre 2021 à 23h00 sur France 3 Hauts de France
Replay gratuit disponible 30 jours
Une coproduction Ladybirds Films et France Télévisions.