La France en vrai

Le lundi à partir de 22h45, deux documentaires, pour porter un regard sur des histoires remarquables, des histoires de société, des histoires de France.
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De Gaulle, premières batailles

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Serge Tignères, réalisateur, retrace dans ce film un épisode fondateur de la légende Gaullienne : les batailles de Montcornet et d’Abbeville dans la Somme. Un documentaire à voir lundi 11 novembre à 23h40 sur France 3 Hauts-de-France. 

Par France 3 Hauts-de-France


Nous sommes le 17 mai 1940, à Moncornet, petit village de l’Aisne. A l’aube, les chars de la 4e division cuirassée, la 4e DCR, montent à l’assaut. Ils sont commandés par un colonel de 49 ans, Charles de Gaulle ! Dans un mois, il lancera son fameux appel du 18 juin derrière un micro de la BBC à Londres.

En ce printemps 1940, il est le Colonel De Gaulle. Celui que le général Gamelin, chef des armées françaises considère comme un électron libre. Gamelin, c’est la vieille école de l’armée. Celle qui a connu la 1ère guerre et ses millions de morts. Une armée de vieux généraux qui – au même titre que les dirigeants européens comme Daladier ou Neville Chamberlain – refuse de prendre au sérieux la montée du nazisme et l’ascension d’Adolf Hitler.

Plus jamais ça

Sans compter les 40 millions de français qui ont tous – ou presque – vécu des pertes familiales douloureuses durant le 1er conflit mondial. « Plus jamais ça », la France est pacifiste. La stratégie sera la défense, pas l’attaque. On dresse la fameuse ligne Maginot au nord-est de la France, une super-tranchée qui doit dissuader les allemands.

Mais Charles de Gaulle fait partie de ceux qui dénoncent ce leurre, facilement contournable, aussi bien par le Nord que par le sud, par une armée bien préparée. Car le colonel, lui, fait partie de cette jeune garde qui a compris que l’évolution des technologies motorisées fera la différence. Jeune militaire durant 14/18, il se souvient que ce sont les camions qui ont « sauvé » Verdun. Pour lui, il faut créer des divisions cuirassées et blindées.

Un colonel visionnaire et ambitieux

Il théorise sa vision dans un livre intitulé « Vers l’armée de métier ». L’ouvrage paru en 1934 passe quasiment inaperçu, sauf aux yeux de Paul Reynaud qu’il rencontre à cette époque, 6 ans avant qu’il ne devienne ministre puis président du conseil.

A contrario, allemands et russes comprennent tout l’intérêt et reprennent les thèses gaulliennes : l’abandon de l’infanterie légère au profit de divisions de chars légers et rapides, des véhicules d’accompagnements en nombre qui doivent se coordonner avec l’aviation pour des attaques rapides et ciblées. Les allemands l’appellent la Blitzkrieg et elle leur permet d’envahir la Pologne.
En France, de Gaulle reste inaudible.

La Pologne envahie, la ligne Maginot contournée et la nomination de Paul Reynaud à la présidence du conseil renversent la donne. Gamelin offre, du bout des lèvres, au colonel De Gaulle de prendre la tête de la 4ème division blindée.

La bataille heure par heure

Le 17 mai 1940, à l’aube, la bataille commence. Jean-Yves Le Naour, historien spécialiste de l’histoire du XXè siècle, Sylvain Ferreira, historien et écrivain, Jean-Gabriel Harter, docteur en histoire, Jean-Yves Mary, historien et Marc Chassillan, ingénieur spécialiste des chars font revivre heure par heure ces 2 batailles avec force détails et passion.

Pas assez de matériel (pas de radios et de matériel de réparation), pas assez de chars (seulement 85) et trop peu de préparation, mais c’est une bataille gagnée. Le général Weygand qui a succédé à Gamelin félicite de Gaulle le 1er juin à Paris pour avoir sauvé l’honneur. Même si les avis des historiens varient quelque peu, Cette bataille est souvent citée pour avoir été l’unique contre-attaque alliée de la campagne de France qui parvint à repousser les troupes allemandes.

Le 6 juin, Paul Reynaud nomme de Gaulle sous-secrétaire d’état à la défense dans son gouvernement. Il s’envole pour l’Angleterre et à son retour le 17, Paul Reynaud a démissionné, Pétain appelle à l’armistice. Charles de Gaulle refuse cette reddition, remonte dans l’avion pour l’Angleterre. Le lendemain, il lance son appel.


Un documentaire de Serge Tignères, produite par Siècle Productions/France 3 Hauts-de-France avec le soutien de la Région Hauts-de-France/Pictanovo
 

ARCHIVE

Le 17 mai 2010, France 3 Picardie assistait à la reconstitution organisée par l’association « Thiérache histoire vivante » pour commémorer les 70 ans de cette bataille.
 
Bataille de Montcornet, les associations de reconstitution
Pour commémorer cette Bataille de Montcornet, et maintenir vivante la mémoire des soldats français de 1940, les membres de l'association  - INA

 

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