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Au Nouvel an, on s’engage à prendre de bonnes résolutions. Mais un mois plus tard, elles se sont souvent envolées. Pour réussir, il convient de distinguer ce qui est de l’ordre du possible et ce qui est du rêve, souvent dicté par l’autre, la mode ou un sentiment d’insécurité.

Par Marylène Govin

D’un point de vue culturel, physiologique et psychique, le désir de changement nous habite totalement. Notre patrimoine génétique nous invite à nous adapter continuellement.  L’individu est en constante construction, au gré de ses interactions avec son environnement et son entourage.

Rien de plus normal, dès lors, que de s’enthousiasmer à l’idée d’évoluer. Mais pourquoi est-ce si temporaire ?

Nous sommes sous influence :
  • nous ne prenons ces bonnes résolutions qu’à certaines dates symboliques : en janvier, à l’approche des vacances ou pour la rentrée de septembre
  • ce sont des rites de passage qui, culturellement, nous invitent à aller d’un état à un autre ; nous sommes appelés à tourner une page pour nous perfectionner
  • ces périodes charnières frôlent l’injonction : il est l’heure de faire le bilan et de modifier ce qui ne va pas !

On court après un idéal

Nous nous sommes tous forgé une représentation idéale de nous-même. Ce doux vœu pieu du réveillon est « une façon de corriger notre image, et de faire correspondre idéal et réalité ».

Nous cherchons à réduire le décalage, contrariant et frustrant, entre celui que nous aspirons à être et celui que nous sommes, histoire de gagner en confiance et de favoriser notre estime de soi, malgré une fragilité narcissique.

Que faire ?

Il faut revenir dans le réel. Il convient de sortir du fantasme et de revenir à une forme de réalité, de distinguer ce qui est de l’ordre du possible et du rêve, souvent dicté par l’autre, la mode ou un sentiment d’insécurité.

Interrogez-vous : pourquoi prenez-vous ces bonnes résolutions ? Tâchez de comprendre vos résistances, ce qui fait que vous ne vous êtes pas engagé dans ce processus pendant l’année écoulée.

Faites-vous plaisir !

Pour qu’une bonne résolution tienne, elle doit faire plaisir. La décision doit avoir des répercussions positives sur soi-même. Il ne peut pas y avoir de motivation sans activation du système de récompense. Avant de vous lancer un défi, demandez-vous si, en le relevant, vous serez heureux !

Agissez en douceur

Pour dépasser le stade de la simple décision, il faut agir.  Et s’engager, en fonction de son désir comme de ses capacités et de ses possibilités. Il n’est sans doute pas raisonnable de prendre un abonnement annuel dans un club de gym si vous n’aimez pas le sport.  Fixez-vous de petits objectifs : les atteindre favorisera votre confiance, vous garderez le cap sans baisser les bras conseille. En mettant la barre trop haute, on risque la frustration. Et l’abandon.

Le fait que la bonne résolution soit souvent du domaine du politiquement correct et donc pas forcement en accord avec ce qu'on aime faire au fond de soi, explique son échec". Avec le risque d'obtenir l'effet contraire de celui escompté: une sape définitive de notre estime de soi.

La solution : prendre des engagements "qui vont dans le sens de nos valeurs et non de celles qu'on nous impose". Rester réaliste et se fixer des objectifs quantifiables peut également aider: "Plutôt que de se promettre de ne plus jamais manger de sucre, mieux vaut se fixer l'objectif d'un carré de chocolat par jour". Ou de marcher trois fois 20 minutes par semaine plutôt que de jurer de se "mettre au sport". 

Pour qu'une résolution ne reste pas un vœu pieux, il faut qu'elle incarne un vrai projet de vie, qu'elle réponde à une véritable nécessité.

© D.R.
© D.R.


Tant que nous trouvons un avantage -même minime, même inconscient- à conserver un comportement, une habitude ou un choix de vie, nous ne bougerons pas d'un millimètre..." Autrement dit par exemple, souhaiter arrêter de fumer uniquement pour répondre à une injonction de santé publique est souvent voué à l'échec. Prendre cette résolution parce qu'elle participe d'un besoin vital de se sentir plus en forme, de ne plus tousser le matin ou d'être capable de courir avec nos enfants sans risquer de perdre un poumon prend en revanche un autre sens.

Si personne ne prétend détenir le secret de la réussite, certaines ont toutefois transformé l'essai en des résolutions positives. En soi, rien de mal à cela: "Vouloir changer est toujours positif. Même si on n'y arrive pas, même si c'est difficile. Le changement c'est la vie, l'espoir aussi!".

Se projeter dans un après est donc plutôt une bonne chose. A condition de bien garder à l'esprit qu'une résolution "n'est pas une décision" mais tient plus de l'engagement. Rester réaliste et se fixer des objectifs quantifiables…et vous pourrez tenir vos résolutions du 31 Décembre !