Fillette noyée à Berck : personne ne connaissait l'existence d'Adélaïde, l'enfant fantôme de Fabienne Kabou

La tombe d'Adélaïde à Boulogne-sur-mer. / © AFP
La tombe d'Adélaïde à Boulogne-sur-mer. / © AFP

Les proches de Fabienne Kabou, accusée d'avoir abandonné sa petite fille de 15 mois, Adélaïde, sur une plage de Berck à marée montante, ont tous affirmé lundi, au premier jour de son procès aux assises du Pas-de-Calais, ignorer l'existence de cette fillette jusqu'au drame.

Par AFP

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En décembre 2013, une vingtaine de jours après le crime, les parents de Fabienne Kabou ont assisté aux obsèques de leur petite fille dont ils n'avaient jusque-là jamais soupçonné l'existence. Ils ne s'étaient pas vus depuis trente ans, ils se sont retrouvés dans le bureau du juge d'instruction.

"Je ne me remettrai jamais de ce qui s'est passé", a affirmé la mère de Fabienne Kabou à la barre. "Je suis marquée à vie: j'ai mis cet enfant au monde et je lui ai donné tout l'amour possible", a-t-elle ajouté. "Je crois avoir été un père aimant et présent, soucieux de l'équilibre de ma fille", a indiqué de son côté son père, admettant que "beaucoup de choses lui avaient échappé".

"Son geste m'est totalement improbable"

Il a dit "ne pas savoir" si sa fille pourra "expliquer" son geste, qui pour lui, "est toujours incompréhensible". "Je me suis constitué partie civile pour comprendre. Il n'est pas question de parler au nom de cet enfant, que je n'ai pas connu et dont j'ai appris l'existence au moment du drame", a-t-il poursuivi.

Les amis et les autres membres de la famille de Fabienne Kabou et Michel Lafon, le père de la fillette, ont également dit ignorer l'existence d'Adélaïde. L'une de ses proches, qu'elle considère comme une "cousine", a qualifié l'affaire d'"étrange". "Fabienne s'est occupée de moi comme une petite soeur, son geste m'est totalement improbable, elle n'a pas pu faire ça", a-t-elle déclaré.

Peu après l'arrestation de Fabienne Kabou en 2013, certains voisins, décrivant une femme discrète, confiaient déjà n'avoir jamais croisé d'enfant en sa compagnie. La fille ainée du compagnon avait quant à elle déclaré qu'elle n'en avait appris l'existence que par la médiatisation de l'affaire. Cette gamine "n'a existé pour personne", a résumé Me Sylvie Fenart, avocate de l'une des parties civiles, l'association la Voix de l'Enfant.

"On a conçu un enfant que nous avons tous les deux adoré"

Quand l'accusée a déposé Adélaïde assoupie sur le sable le 19 novembre 2013, elle était persuadée que la marée l'emporterait, faisant ainsi disparaître cette fillette que personne ne connaissait. Fabienne Kabou est jugée pour assassinat jusqu'à vendredi à Saint-Omer. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

"C'est une histoire d'amour qui a mal tourné... mais c'était une histoire d'amour quand même", a confié Michel Lafon, dernière personne à témoigner à la barre lors de cette audience de près de quatorze heures. "On a conçu un enfant que nous avons tous les deux adoré, c'est pour moi inexplicable de la part de Fabienne... impensable", a continué M. Lafon, costume-cravate et lunettes rondes.

"Vous ne pouvez l'expliquer que par quelque chose d'irrationnel?", lui a demandé la présidente du tribunal, Claire Le Bonnois. "Tout à fait", répond-t-il. Fabienne Kabou avait déclaré plus tôt dans la journée que son geste ne pouvait s'expliquer "que par la sorcellerie".

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