Fin des demi-jauges pour les 4e et 3e dans l'Aisne, l'Oise et le Nord : "on n'annonce pas ça le vendredi pour le lundi"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Romane Idres
Élèves du collège Louise Michel de Lille, en cours d'Espagnol, mai 2021
Élèves du collège Louise Michel de Lille, en cours d'Espagnol, mai 2021 © FTV

Jean-Michel Blanquer a annoncé ce vendredi 28 mai la levée des demi-jauges pour les classes de 4ème et de 3ème dans les collèges des 15 départements encore concernés, dont 3 dans les Hauts-de-France. 

La levée progressive des restrictions sanitaires suit son cours sur tout le territoire français. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, vient d'annoncer dans ce cadre la fin des classes en "demi-jauge" pour les 4ème et 3ème, qui était encore effective dans 15 départements français parmi lesquels l'Aisne, l'Oise et le Nord. 

L'annonce faite sur les réseaux sociaux et dans les matinales des chaînes de radio et de télévision a rapidement fait réagir sur Twitter. Des enseignants y regrettent une communication par voie de presse et précipitée. 

"On ne fait pas ça la veille pour le lendemain !"

Pour Guillaume Hily, secrétaire départemental du syndicat d'enseignants FSU dans l'Aisne, cette décision est en effet un peu trop rapide. "L'acte d'enseigner n'est pas télétravaillable, voilà pourquoi nous aspirons tous à retourner en classe entière rapidement. Donc on peut se féliciter de la levée des demi-jauges. Mais pour s'en féliciter, il faudrait que ce soit annoncé à l'avance, pas le vendredi pour le lundi ! Il faut préparer le retour à l'école, c'est une organisation pour les famille comme pour les enseignants et les établissements. Il faut réécrire les protocoles, réaménager les cantines, c'est assez compliqué. On ne fait pas ça la veille pour le lendemain... Mais c'est la méthode Blanquer, comme d'habitude."

Un point de vue partagé par le syndicat SE-UNSA de Lille, qui a réagi sans tarder à l'annonce, ironisant sur la "pensée magique" du gouvernement qui "décide seul, annonce tardivement".

Adapter la mesure aux territoires

Guillaume Hily regrette également que la décision soit globale et non localisée. S'il reconnait aisément les difficultés d'organisations et estime qu'il n'y a "pas de solution idéale et toute faite", il considère que les mesures prises ne sont pas adaptés à la réalité du terrain. "Des effets d'annonce sans prendre en compte le réel, c'est créer des difficultés supplémentaires. Dans l'Aisne par exemple, il y a un fort taux d'incidence à Laon et en Thiérache, donc là-bas, lever les demi-jauges, c'est prendre un risque sanitaire. En revanche, dans les secteurs où le taux d'incidence est relativement faible, ça peut s'envisager, estime-t-il. On connait les taux d'incidence, on les suit de près, donc il faut prendre en compte ces données pour prendre des décisions localisées." Il dénonce par ailleurs une "manque de transparence" concernant les chiffres des contaminations des enseignants.

Sur son site internet, le ministère de l'Education nationale a indiqué : "un fonctionnement hybride pourra être envisagé (...) en lien avec l'autorité académique si la configration des locaux ou les contraintes propres de l'établissement le justifient", sans apporter de détails supplémentaires.

Des parents mitigés

Côté parents, les opinions sont partagées entre la nécessité de retrouver un enseignement de meilleure qualité, et la sécurité sanitaire. La Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public avait pris position, quelques jours plus tôt, pour un retour en classe entière.

Michel Deniot, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) dans l'Oise, considère que si la menace sanitaire n'est pas derrière nous, notamment à cause de la multiplication des variants du Covid-19, les cours en demi-jauges ne pouvaient plus continuer. "C'était problématique, pour les problèmes qu'on connait, le mauvais fonctionnement du distanciel, les inégalités que ça génère... Malgré tous les engagements pris par l'Education nationale pour assurer les cours, les élèves sont en déficit d'enseignement. Ce n'est pas acceptable d'avoir de telles inégalités dans une école publique républicaine."

Pour les lycéens et les étudiants des formations supérieures qui se passent dans des lycées comme certains BTS ou classes préparatoires, le fonctionnement en demi-jauge est maintenu, sur l'ensembre du territoire hexagonal. 

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