Une Française atteinte d'une maladie incurable va se faire euthanasier en Belgique

© Cedric Cottaz/France 3 Poitou-Charentes
© Cedric Cottaz/France 3 Poitou-Charentes

Anne Bert est atteinte de la maladie de Charcot, une maladie incurable. Elle a décidé de se faire euthanasier en octobre en Belgique. Elle raconte dans un livre son combat pour faire évoluer la législation française. Il paraîtra quelques jours après son décès.

Par M. F.

Anne Bert est une écrivaine de 59 ans. On lui a diagnostiqué en 2015 la maladie de Charcot, une maladie incurable qui atteint les muscles. "Tous les muscles meurent, c'est une paralysie progressive qui devient totale et la mort par étouffement", expliquait-t-elle au micro de France Inter le 6 septembre dernier.

Elle a décidé de se faire euthanasier en Belgique au mois d'octobre. De l'autre côté de la frontière, cette pratique est légale depuis 2002. Évidemment, l'euthanasie requiert un parcours très encadré. "Il y a tout un processus. Je suis suivie en Belgique depuis le mois de décembre dernier", précisait Anne Bert sur France Inter.

Elle a choisi de raconter son combat dans un livre, "Le tout dernier été". Il paraîtra quelques jours après sa mort aux éditions Fayard. Elle voudrait faire évoluer la législation française qui interdit l'euthanasie. La loi actuelle, dite loi Léonetti, prévoit seulement une sédation profonde et continue jusqu'au décès. 

Le témoignage d'Anne Bert sur France Inter

De nombreux Français choisissent de passer la frontière pour se faire euthanasier, en Belgique ou en Suisse. "La France se déleste de ses responsabilités sur un pays voisin", regrettait Anne Bert au site AlloDocteurs fin août.

La Belgique n'a pas à pourvoir à l'irresponsabilité de la France. Elle n'a pas pour mission de mettre un terme aux souffrances des malades français.
 

"Ce n'est pas satisfaisant de devoir fuir son pays pour mourir", ajoutait-elle. "Pratiquement, il faut organiser son départ là-bas avec tout ce que cela comporte de démarches administratives, d'éloignement et de coût. Il faut aussi savoir que votre entourage ne sera pas forcément là pour être à vos côtés quand vous allez mourir. C'est d'une violence inouïe." 

Pendant la campagne présidentielle, Anne Bert avait adressé un courrier à tous les candidats. L'équipe d'Emmanuel Macron lui avait répondu que "les questions éthiques et sociétales n'étaient pas une priorité". Chose qui lui a été confirmée par la ministre de la Santé Agnès Buzyn lors d'un entretien en juillet. Il n'est pas prévu à court terme de faire évoluer la législation en France.


15 000 euthanasies en 15 ans

Selon des chiffres cités par RTL, 14 753 personnes ont été euthanasiées en Belgique depuis la dépénalisation de la pratique en 2002. Cela concerne en grande majorité des personnes de plus de 70 ans (à 62,8 %). La demande d'euthanasie est justifiée dans 95 % des cas par une souffrance physique, il s'agit du cancer dans 67,7 % des cas.

Aucune donnée ne précise la nationalité des patients. Environ 80 % des demandes ont été réalisées en néerlandais (deuxième langue officielle belge) contre seulement 20 % de demandes rédigées en français. La Wallonie, partie francophone de la Belgique, représente pourtant 32% de la population totale du pays.


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