"Jungle" de Calais : pourquoi les policiers ont demandé à être équipés de masques ?

Depuis cette semaine, certains policiers qui patrouillent dans la "Jungle" de Calais - où sont regroupés actuellement plus de 6000 migrants - ont demandé à être équipés de masques et d'un kit sanitaire. Mais il s'agit d'une simple mesure de précaution

Des forces de l'ordre patrouillant dans le bidonville de la "Jungle" à Calais.
Des forces de l'ordre patrouillant dans le bidonville de la "Jungle" à Calais. © MaxPPP
Sur notre page Facebook, certains Calaisiens nous ont fait part de leur inquiétude : depuis quelques jours, les forces de l'ordre qui patrouillent dans le bidonville de la "Jungle" seraient équipées de masques et les rumeurs les plus folles circulent. "Les CRS ont demandé à être équipés de masques et de kits sanitaires par précaution", nous a expliqué Gilles Debove, porte-parole du syndicat SGP-FO sur Calais. "Nous avons fait la même demande pour la sécurité publique. Mais il s'agit d'une mesure préventive pour éviter d'être contaminés par la tuberculose ou par la gale". Cet équipement consiste en un masque de type FFP2 et un kit sanitaire comprenant des gants en latex, une bombe aérosol de décontamination et du gel hydro-alcoolique

"Cela fait effectivement partie de l'équipement des forces mobiles", confirme-t-on à la préfecture du Pas-de-Calais. "Mais il n'y a pas eu de consigne donnée".  

De nombreux cas de gale et 4 cas de tuberculose recensés

Fin octobre, la Mission d'Evaluation du Dispositif de Prise en Charge Sanitaire des Migrants à Calais, menée par des médecins indépendants, a rendu ses conclusions qui n'ont rien d'alarmistes. "En l’état actuel des données qui ont été objectivées, seuls de nombreux cas de gale ont été constatés de façon concordante par plusieurs acteurs", peut-on lire dans le rapport. "Ainsi, 4 cas de tuberculose, 1 cas de teigne et plusieurs cas de gale (pathologie dermatologique bénigne) ont été déclarés au point focal régional de l’ARS Nord Pas-de-Calais (du 01/12/2014 au 19/10/2015)".

"Contrairement à une idée répandue, les flux migratoires ne s’accompagnent pas, en eux-mêmes, de menaces sanitaires majeures", nuance le document. "L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé NDR) rappelle, par exemple, que le tourisme ou d’autres types de déplacement (travail, notamment pour les professionnels de santé) comportent des risques au moins aussi importants. Il peut bien sûr exister des pathologies d’importation pour la plupart non transmissibles. (...) Par contre les conditions d’hébergement, d'accès à l'eau, d'assainissement et la densité de population peuvent donner lieu à des épidémies "banales" qui vont de la gale, aux diarrhées infectieuses en passant par l'hépatite A. Ces épidémies peuvent impacter fortement le système de soins et mettre en tension les ressources."  

Rappelons que les deux principales maladies infectieuse citées - la tuberculose et la gale - sont présentes dans le Nord Pas-de-Calais en dehors de la "Jungle" de Calais. Une étude de l'Institut de Veille Santitaire (INVS) recensait ainsi près de 200 cas de tuberculose par an dans la région sur la période 2002-2012. 

L'intégralité du rapport de la Mission d'Evaluation du Dispositif de Prise en Charge Sanitaire des Migrants à Calais peut être consultée ci-dessous :

Rapport Mission d Evaluation Du Dispositif de Prise en Charge Sanitaire Des Migrants a Calais by Xavier France



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