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LOSC : que demande la DNCG ? Que risque le club lillois ? Quels recours éventuels ?

© MAXPPP
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Le LOSC joue son avenir ce mardi à la DNCG. On fait le point à quelques heures de ce rendez-vous capital. 

Par France 3 Nord Pas-de-Calais

Ce que demande la DNCG au LOSC


Depuis le mois de décembre 2017, le LOSC est interdit de recrutement et rétrogradé à titre conservatoire en Ligue 2. Pour lever cette sanction, la DNCG a mis ses conditions. Elle n'a pas précisément et publiquement détaillé ce qu'elle demandait mais affirme avoir été précise avec le club lillois : "Le club sait très bien ce qu'on attend de lui", disait début mai Jean-Marc Mickeler, président de la DNCG.

En mars dernier, dans une interview, ce même président du gendarme financier du foot français, avait été plus précis : "Le LOSC a un schéma de reprise où la dette est très importante. C'est un schéma habituel dans le monde industriel classique. La grande différence, c'est l'aléa sportif. Pour le couvrir, la DNCG prône un renforcement constant des fonds propres. Car la grande différence entre les fonds propres et la dette, c'est que la dette demande rémunération et remboursement.

Selon l'Equipe, la DNCG aurait fait part de trois exigences :
1. Reconstitution des capitaux propres.
2. Assurer une saison de fonctionnement sans vendre de joueurs et sans creuser la dette.
3. Apports de fonds propres de l'actionnaire.

Les capitaux propres, c'est quoi ? C'est l'actif net, c'est-à-dire la valeur totale des actifs (ce que le club possède, notamment le centre d'entraînement de Luchin et les contrats de joueurs valorisés aux prix de leur acquisition) à laquelle on retire les dettes. Les capitaux propres du LOSC étaient de -43 M € en fin de saison dernière. En Ligue 1, seuls le LOSC et l'OM présentaient une telle situation nette négative. Mais l'OM a des recettes (hors transferts) deux fois supérieures.


La DNCG souhaite clairement que Gérard Lopez (ou des investisseurs extérieurs, s'il en trouve) injectent dans les caisses de quoi éponger le déficit d'exploitation du club (-60 M€ la saison dernière). Et que cela se fasse en fonds propres, pas avec de la dette. Donc soit par une augmentation de capital, soit par un abandon de compte-courant d'associé, c'est-à-dire l'annulation de tout ou partie de la dette due à l'actionnaire (53,5M€ au 30 juin 2017). 

Actuellement, le LOSC cumule la 2e dette financière la plus élevée de Ligue 1 (derrière l'Olympique Lyonnais qui a financé lui-même la construction de son nouveau stade) et le déficit d'exploitation le plus élevé. Avec un chiffre d'affaire en baisse depuis plusieurs années. Ci-dessous, un schéma reprenant la dette financière, les résultats d'exploitation et les recettes hors transferts de tous les clubs de Ligue 1. Il permet de comprendre la situation complètement à part du LOSC (Dérouler le menu en haut pour visualiser les différentes données). 


Vendre des joueurs, est-ce la solution miracle pour convaincre la DNCG et retrouver une situation financière saine ? La réponse à cette question est complexe :

  • Au vu de sa situation, le LOSC n'est pas actuellement en situation de force pour vendre. De nombreux clubs attendent de savoir... Récemment, dans l'entourage d'un des joueurs potentiellement sur la liste des départs, on affirmait que des clubs étaient clairement en attente pour pouvoir payer moins cher.
  • Le LOSC qui, selon l'Equipe, a prévu de vendre pour 70 millions d'euros, n'en a pas l'assurance absolue. Les sommes qui circulent depuis quelques jours autour de Bissouma, Soumaré, Pépé ou Ballo-Touré restent hypothétiques. Rappelons qu'une blessure soudaine d'un joueur peut bloquer du jour au lendemain une transaction vers un autre club. N'oublions pas non plus qu'aucun joueur ne peut être transféré "de force", contre son gré. Le club qui l'intéressera, lui proposera le meilleur projet sportif, le meilleur salaire, ne sera pas nécessairement celui qui fera la plus grosse offre au LOSC. Des ventes potentielles sur le papier ne font donc pas nécessairement des ventes définitives. La DNCG peut donc être réticente à valider un budget où plus de la moitié des charges doit être couverte par d'hypothétiques ventes.   
  • Les ventes, même importantes, ne sont pas la solution miracle. Le LOSC a un déficit structurel qui augmente au fil des années et ne date pas du tout de l'ère Lopez. La saison n'a sans doute pas amélioré la situation : les droits TV, avec une 17e place, vont baisser, le loft (11 joueurs mis sur la touche) a coûté plus qu'il n'a rapporté, la billetterie n'a sans doute pas assez progressé et aucun gros sponsor n'est venu pour l'instant. La DNCG sera également très attentive sur le plan de trésorerie, c'est-à-dire l'argent disponible tout au long de la saison pour assurer le paiement de salaires et des factures au fil des mois, sans risquer de se retrouver en cessation de paiement.
  • Vendre des joueurs signifie aussi devoir recomposer encore une fois l'effectif, avec le risque sportif que cela comporte. A l'évidence, les joueurs qui ont la plus forte valeur marchande - comme Nicolas Pépé - ne seront pas les plus simples à remplacer. Après sa saison ratée et le départ de Marcelo Bielsa, dont l'aura dépasse les frontières, le LOSC restera-t-il un club attractif pour attirer des joueurs performants ? Quelles seront ses marges de manoeuvre financière pour ce mercato qui débute officiellement le 9 juin ?


Ce que dit le LOSC sur la DNCG


Le LOSC communique très peu sur sa situation financière. Un premier rendez-vous préparatoire a eu lieu lundi dernier à la DNCG, à Paris, en présence de Gérard Lopez et Marc Ingla. Il n'a donné lieu à aucune communication. Mais confiant sur l'issue de ce dossier financier il y a encore
quelques semaines, Gérard Lopez a, semble-t-il, changé d'opinion. "Il a été surpris par les demandes de la DNCG et va faire en sorte de les remplir,
mais le délai pour trouver des solutions est très court donc l'optimisme béat n'est plus de rigueur,
a révélé à l'AFP une source au sein du club. Mais il ne ménage pas ses efforts et multiplie les entretiens et rendez-vous depuis."

"La DNCG a revu ses exigences à la hausse et demandé des garanties bien plus importantes", selon une source proche de la LFP, qui n'a toutefois pas voulu les chiffrer.

Officiellement, le club lillois affirme toujours qu'il va passer sans encombre cet obstacle capital pour l'avenir. "J'ai lu quelque part qu'il manquait de l'argent, ce n'est pas le cas, affirmait mi-mai Gérard Lopez. Il n'y a pas de risques. Vendre des joueurs, c'est ce qui était prévu cet hiver déjà si on avait pu acheter des joueurs. Cet hiver, on avait des offres. On sait ce qu'il faut présenter à la DNCG, on nous l'a demandé, on le présentera. Je suis confiant et serein parce qu'on sait ce qu'on doit faire".


Face à cette confiance affichée, il faut rappeler que le LOSC, lors de son passage en juin 2017, avait déjà eu des soucis et dû fournir des documents complémentaires pour obtenir le feu vert de la DNCG. A l'époque, les membres de cette instance avaient été très divisés sur le cas du club lillois et il s'en était fallu de peu que le projet Lopez soit retoqué.

L'hiver dernier, après l'annonce des sanctions lourdes, le LOSC avait choisi de ne pas faire appel, faute, sans doute, de pouvoir amener les garanties financières pouvant faire infléchir la DNCG. Avant cette audition hivernale, les dirigeants lillois avaient aussi affiché leurs certitudes...
 

Ce qui va se passer ce mardi pour le LOSC à la DNCG


Les dirigeants du LOSC vont être reçus ce mardi à partir de 9h30 à la DNCG. L'audition peut durer plusieurs heures. La décision de la DNCG devrait être ensuite communiquée dans la journée. 3 possibilités principales existent : 
-Autorisation à jouer sans condition particulière en Ligue 1
-Autorisation à jouer en Ligue 1 avec encadrement de la masse salariale et/ou interdiction de recrutement
-Relégation administrative en Ligue 2

A l'issue de la notification de la décision de la DNCG, le LOSC pourra faire appel. Si l'appel confirme de nouveau la décision, resteraient alors deux recours : le Tribunal Administratif et le CNOSF pour inverser la tendance. Si le CNOSF peut se prononcer rapidement, une procédure auprès du Tribunal Administratif peut s'étendre sur des années (possibilité de recours devant la cour administrative d'appel puis le conseil d'Etat...) avec une issue très incertaine.

Si le LOSC est rétrogradé en Ligue 2, c'est le club qui a perdu le barrage Ligue 1/Ligue 2, en l'occurence l'AC Ajaccio qui prendrait sa place. Le vice-président du club corse a indiqué se préparer actuellement à cette éventualité. 
 

 


#ClairEtNet 

#Clair et Net : le LOSC peut-il rester en Ligue 1 ?


 

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