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Lutte contre le décrochage scolaire : les Hauts-de-France à la traîne

La lutte contre le décrochage scolaire commence à porter ses fruits, mais pas dans la région / © MAX PPP
La lutte contre le décrochage scolaire commence à porter ses fruits, mais pas dans la région / © MAX PPP

Selon un rapport rendu public vendredi 8 décembre, le décrochage scolaire faiblit en France. Mais pas dans la région, qui reste nettement au dessus de la moyenne nationale. 

Par Mahaut Landaz

Les décrocheurs restent nombreux dans les Hauts-de-France. Selon le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), le décrochage scolaire a nettement reculé en France entre 2006 et 2013, même si 100 000 jeunes sortent encore chaque année du système éducatif français sans aucun diplôme. Une amélioration qui cache des disparités régionales : les académies de Lille et d'Amiens font figure de mauvais élèves avec des taux de décrochage nettement supérieurs à la moyenne nationale. 

L'académie de Lille en bas du classement 

Pour l'académie de Lille, la part de non-diplômés parmi les jeunes de 15 à 24 ans est restée quasiment identique, à 29,3 %, alors qu'elle baisse de façon significative dans la grande majorité des académies. Elle est nettement au dessus de la moyenne nationale à 24,7%, comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous. 

Les Hauts-de-France ne reflètent pas l'amélioration nationale sur le décrochage scolaire. / © CNESCO
Les Hauts-de-France ne reflètent pas l'amélioration nationale sur le décrochage scolaire. / © CNESCO


Plus inquiétant, l'académie de Lille est l'une des rares où les disparités entre les cantons augmentent, c'est-à-dire que l'écart se creuse entre les villes où les élèves réussissent le plus et celles où ils réussissent le moins. C'est même la seule en France où le nombre de cantons "en difficulté" augmente. Au bas de ce classement, la ville de Roubaix est la plus touchée par le décrochage scolaire. Viennent ensuite Condé-sur-l'Escaut, Saint-Amand-les-Eaux-Rive, Denain, Avesnes-sur-Helpe, Clary, Lens-Est (hors Lens) et enfin Boulogne-sur-Mer. 

Plusieurs raisons sont évoquées par l'étude, qui établit des "facteurs à risque". L'académie de la capitale des Flandres en concentre plusieurs : le taux de chômage élevé, la proportion importante de non-diplômés dans la génération des parents (45-54 ans), l'importance des familles monoparentales et la faiblesse du revenu médian. 

L'académie d'Amiens s'en sort mieux, mais reste à la traîne 

Le nombre de décrocheurs baisse. La part de non-diplômés parmi les jeunes de 15 à 24 ans est passé de 33% en 2006 à 29,6% en 2013, une des baisses les plus importantes en France. 

Mais encore plus qu'à Lille, la disparité entre les cantons augmente. Cela renvoie à une situation où les résultats du décrochage s'améliorent dans certaines villes alors que d'autres cantons restent en difficulté. L'académie d'Amiens fait d'ailleurs partie des rares où le quart de cantons les moins en difficultés s'est amélioré plus vite que la moyenne nationale. Et contrairement à Lille, même les cantons les plus défavorisés affichent de meilleurs résultats. 



Malgré ces améliorations, l'académie d'Amiens reste une de celles où l'on décroche le plus en France. Elle concentre cinq facteurs de risque, dont le nombre élevé de familles monoparentales, de familles nombreuses et de ménages en HLM. 

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire rappelle que le coût du décrochage scolaire à la collectivité pour une personne tout au long de sa vie est estimé à 230 000 euros. Le décrochage commence ave l'absentéisme, or un élève de 15 ans sur dix déclare avoir volontairement manqué l’école durant une journée, dans les deux semaines précédant l’enquête. 






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