Mai/juin 1940 : France 3 va vous raconter la bataille de France au jour le jour dans le Nord et le Pas-de-Calais

C'était il y a 80 ans. L'armée allemande, toute puissante, s'apprêtait à lancer son offensive-éclair dans le nord de la France. France 3 Nord Pas-de-Calais vous raconte, au jour le jour, cette page tragique de notre histoire, à partir de témoignages de ceux qui l'ont vécue.

Les troupes allemandes à proximité de Bergues et Dunkerque en juin 1940.
Les troupes allemandes à proximité de Bergues et Dunkerque en juin 1940. © picture-alliance / Judaica-Samml/MaxPPP

Mai/juin 1940, dans la mémoire collective, c’est la débâcle de l'armée française face à une armée allemande toute puissante qui pratique la Guerre-éclair.

Ces combats en France, au début de la Seconde Guerre Mondiale, sont surtout représentés par des films populaires comme "Week end à Zuydcoote" ou "La 7ème compagnie", dans lesquels le soldat français est rarement à son avantage.
 

Extraits de "Week-End à Zuydcoote" d'Henri Verneuil (1964)


Plus récemment, le Britannique Christopher Nolan a raconté dans son film "Dunkerque" la bravoure des soldats et marins anglais, mais rien de comparable ne fut fait pour rendre hommage aux soldats français de cette époque.
 

Bande-annonce de "Dunkerque" de Christopher Nolan (2017)


Dans les livres d’histoire, on passe cette période rapidement : les Français se pensaient à l’abri derrière leur ligne Maginot. Les Allemands en ont fait le tour et, grâce à leurs Panzers (blindés), ont infligé une raclée aux Alliés en quelques semaines.

 

Chaque jour en moyenne 12 500 soldats alliés ou allemands tués ou blessés


Pourtant, des combats acharnés ont eu lieu dans toute notre région et ce ne fut pas une simple promenade de santé pour l’armée allemande. Chaque jour de mai/juin 40, 12 500 soldats alliés et allemands sont blessés ou tués. En 45 jours, les Français perdent 92 000 hommes morts au combat, les Britanniques 3 500, les Belges 7500 et les Néerlandais 2900. Côté allemand, cette Guerre-éclair et "victoire facile" aura tout de même fait 49 000 morts et disparus ainsi que 111 000 blessés. Sans compter les victimes civiles et les villes définitivement défigurées à travers tous les Hauts-de-France.
 

Des civils français fuyant l'avancée de l'armée allemande en mai 1940.
Des civils français fuyant l'avancée de l'armée allemande en mai 1940. © AFP


A l’occasion du 80e anniversaire de ces évènements, la parole des témoins de l’époque et d’historiens permet de faire revivre la grande et les petites histoires de ces deux mois au cours desquels notre monde a basculé, permettant au Reich de devenir maître, pour quelques années, de l’Europe continentale et d’entraîner l’humanité dans une guerre globale.
 

Adolf Hitler en vainqueur à Paris le 23 juin 1940.
Adolf Hitler en vainqueur à Paris le 23 juin 1940. © HO / THE NATIONAL ARCHIVES / AFP


Les évènements de mai-juin 40 seront donc dévoilés, chaque jour à la manière d’une chronique, de l’attaque allemande du 10 mai jusqu’à la chute de Dunkerque le 4 juin.

Les témoins


Deux anciens combattants originaires de la région ont été longuement interviewés en 2010 sur les événements.

Jérémy Brunet : ancien combattant français originaire de Buysscheure près de Cassel. Nous l’avions interviewé en mai 2010. En 1940 il faisait son service militaire à Metz dans le 30e régiment de dragons à cheval. Il fut incorporé à un groupe de reconnaissance d’infanterie entre la ligne Maginot et la frontière allemande.
 

Jérémy Brunet en 2010.
Jérémy Brunet en 2010. © GONZAGUE VANDAMME / FRANCE 3


André Boutoille : ancien combattant originaire de Calais. Il a 22 ans en mai 1940 et il termine son service militaire commencé en 1938 en tant que mitrailleur au 103ème d’artillerie. Nous avons enregistré son témoignage en juin 2010. Le 10 mai son régiment est envoyé en Belgique pour stopper les Allemands sur la Meuse à Namur.
 

André Boutoille en 2010.
André Boutoille en 2010. © GONZAGUE VANDAMME / FRANCE 3

 

Les historiens-témoins


Marc Bloch :   historien français, un des premiers à avoir analysé cette "étrange défaite". Il a combattu durant la première guerre mondiale. En 39/45, il se porte volontaire pour combattre à nouveau. Il sera affecté à l’Etat major du groupe d’armées du Nord et aura notamment en charge une partie de la logistique du carburant. Il fit partie des soldats alliés partis au-devant des armées du Reich en Belgique puis obligés quelques jours plus tard de battre en retraite jusqu’à Dunkerque pour rembarquer. Il a écrit L’Etrange Défaite de juillet à septembre 1940, ses premiers écrits en mai/juin ont été détruits pendant la retraite. Il y analyse les raisons de la défaite française en 40. La première partie de l’ouvrage décrit son parcours de Valenciennes à Dunkerque en mai 40. Résistant pendant l’occupation, il sera assassiné par la Gestapo en juin 1944. Le manuscrit de L’Etrange Défaite sera préservé par miracle et l’œuvre publiée en 1946.  
 

Marc Bloch.
Marc Bloch. © WIKICOMMONS


► Jacques Duquesne : journaliste, Dunkerquois, auteur notamment de Maria Vandamme, prix Interallié en 1983. Il avait 10 ans en mai 1940. Il a raconté dans Dunkerque 1940 - Une tragédie française son parcours d’enfant sous les bombes pendant l’Opération Dynamo lorsque les troupes françaises et britanniques ont rembarqué vers l’Angleterre pour échapper à l’armée allemande.
 

Jacques Duquesne en 2004.
Jacques Duquesne en 2004. © DAMIEN MEYER / AFP


► Jean-Claude Forêt : président des anciens combattants de Floing (Ardennes). Avec son association, il entretient la mémoire des soldats français qui ont dû faire face à l'élite de l'armée allemande sur la Meuse près de Sedan. Nous l'avions interviewé en 2010.
 

Jean-Claude Forêt.
Jean-Claude Forêt. © FRANCE 3

 


Les historiens contemporains


► Dominique Lormier :  membre de l’Institut Jean Moulin, spécialiste de la seconde guerre mondiale et auteur de nombreux ouvrages sur cette période.
 

Dominique Lormier en 2005.
Dominique Lormier en 2005. © PHOTOPQR/SUD OUEST


Karl-Heinz Frieser : lieutenant-colonel de l’armée allemande et historien militaire, auteur d’une étude démontant Le Mythe de la Guerre-éclair où il explique que la campagne de l’Ouest de 1940, amenée par la politique catastrophique de Hitler, est devenue une "Guerre-éclair", à l’encontre des prévisions de départ, surtout grâce au sens de l’improvisation et l’engagement personnel au plus près du terrain de quelques talentueux généraux allemands.
 

 

"Le mythe de la Guerre-éclair" de Karl-Heinz Frieser (édition 2003).
"Le mythe de la Guerre-éclair" de Karl-Heinz Frieser (édition 2003). © BELIN EDITEUR


Philippe Masson : professeur d’histoire et de stratégie à l’école militaire française de guerre navale jusqu’en 1993. Auteur de Histoire de l’armée allemande – 1939/1945.

Yves Le Manner : ancien directeur du centre de mémoire de la seconde guerre mondiale La Coupole à Helfaut (Pas-de-Calais) et spécialiste de cette période.

Patrick Oddone : historien dunkerquois auteur notamment de Dunkerque, l’extrême.


Grâce à ces témoins et au travail de ces historiens, il a été possible de retracer le fil des évènements qui ont bouleversé la vie des habitants du Nord Pas-de-Calais en mai et juin 1940 et cela commence le 9 mai, il y a tout juste 80 ans.

► Rendez-vous demain pour le premier épisode de notre série avec la journée du 9 mai 1940.

 

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