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Le maire de Bruxelles, emporté par un scandale, remplacé par un autre socialiste

Le socialiste Philippe Close deviendra fin juin bourgmestre (maire) de Bruxelles, en remplacement d'un autre socialiste, Yvan Mayeur, emporté par le scandale de ses rémunérations lorsqu'il était administrateur du Samusocial, une association d'aide aux sans-abri.
Yvan Mayer démissionne après le scandale de sa rémunération par le Samusocial
Yvan Mayer démissionne après le scandale de sa rémunération par le Samusocial © MaxPPP
"La majorité a décidé à l'unanimité de présenter Philippe Close comme prochain bourgmestre de la ville", a déclaré le "premier échevin" (adjoint au maire) bruxellois, le libéral Alain Courtois, lors d'une conférence de presse. Philippe Close, 46 ans, a été désigné par l'équipe municipale socialiste-libérale après 24 heures d'une crise qu'il a lui-même qualifiée "d'extrêmement éprouvante". M. Close était jusqu'à présent échevin des Finances et du Tourisme. Il prendra ses nouvelles fonctions le 26 juin.

Son prédécesseur, Yvan Mayeur, 57 ans, était critiqué de toutes parts ces derniers jours pour s'être fait rémunérer lorsqu'il était membre du comité de gestion du Samusocial, une association d'aide aux plus démunis créée sur le modèle du Samu Social français. Il avait jeté l'éponge jeudi. Sa démission était devenue "inéluctable", a constaté le président du PS et ancien Premier ministre belge Elio Di Rupo, qui dénonce depuis des années le comportement de "parvenus" de certains membres de son parti, sans réussir à les éradiquer.

Le scandale du Samusocial a éclaté lorsque qu'un député régional d'opposition a révélé que l'association consacrait plus de 60 000 euros par an à la rémunération de ses administrateurs, dont plus de 35 000 euros bruts sur la période 2015-2016 pour M. Mayeur, selon la télévision publique RTBF. Plus de 98% du budget de l'association, soit près de 12 millions d'euros, provient de fonds publics. Mais son statut privé empêche jusqu'ici les autorités d'organiser un contrôle efficace de sa gestion. Elle devrait rapidement se métamorphoser en service public. De son côté, le parquet de Bruxelles a annoncé vendredi l'ouverture d'une information judiciaire, tandis qu'un "commissaire du gouvernement" fédéral va examiner les comptes des cinq dernières années. A un an et demi des municipales d'octobre 2018, l'affaire du Samusocial déstabilise un peu plus le PS, empêtré dans un scandale en Wallonie, où des élus socialistes sont soupçonnés d'avoir bénéficié d'emplois fictifs.

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