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Migrants de Calais : des vidéos publiées par “Les Calaisiens en colère” sèment le trouble

Deux vidéos publiées mi décembre sur internet par "les Calaisiens en colère" laissent entendre des propos haineux à l'égard des migrants de Calais
Deux vidéos publiées mi décembre sur internet par "les Calaisiens en colère" laissent entendre des propos haineux à l'égard des migrants de Calais

Deux vidéos postées sur le web par "Les Calaisiens en colère" font entendre des propos haineux et des appels à la violence à l'égard des migrants. Depuis la mi-décembre, ce groupe de citoyens qui se dit apolitique organise des rondes nocturnes pour "rassurer" les riverains de la "jungle". 

Par @f3nord

"On est en France ici ! Allez y les gars, démontez les ! C'est la guerre ce soir. Attends, je vais chercher mon gun. J'ai un flash-ball chef, je peux l'utiliser ?" Voilà ce qu'on peut entendre distinctement sur une vidéo postée dans la nuit la nuit du 17 au 18 décembre sur la page Facebook du groupe "Les Calaisiens en colère".
La vidéo a été retirée depuis, tout comme cette autre, qui laisse entendre des coups de feu, et toujours cette formule "c'est la guerre cette nuit". 
Depuis la mi-décembre, ce groupe de citoyens qui se dit "apolitique" et "non violent" organise des rondes nocturnes pour dit-il "protéger" les riverains du bidonville de migrants de Calais appelé "jungle". Ils sont présents chaque nuit de 20 h 30 jusqu’à 5 h du matin.

"Les Calaisiens en colère" débordés par des extrémistes venus d'ailleurs ?

A nos confrères de La Voix du Nord, Laurent, le porte-parole de ces "Calaisiens en colère", a revendiqué la paternité des vidéos, tout en minimisant les propos et les tirs entendus. « On voulait filmer l’ambiance pour montrer ce qui se passe. Il n’y avait pas d’arme. Moi, je n’en ai pas vu. Mais il y avait beaucoup de monde. C’était peut-être des tirs de lacrymo des CRS », a-t-il déclaré à La Voix du Nord
Dans les colonnes du journal, il affirme aussi que les rondes des "Calaisiens en colère" attirent des « gens haineux », de mouvances extrémistes « de Lille, Dunkerque, qui n’ont rien à voir avec nous », et dont l’intention est de « casser du migrant », ce qu'il déplore. « Nous condamnons ça. D’ailleurs, on en a viré plusieurs. Nous sommes là pour la sécurité des Calaisiens et éviter qu’un drame se produise ».

"Aider les CRS à repousser les "meutes" de migrants"

Dans une autre vidéo, toujours sur sa page Facebook, le groupe remercie toutefois "les amis qui se déplacent de Lille, de Brest ou de Dieppe pour nous soutenir et nous aider". 
"Les Calaisiens en colère" se prêtent par ailleurs bien un rôle actif pour "aider les CRS à repousser les "meutes" de migrants", comme on peut l'entendre sur une autre vidéo. Le vocabulaire employé n'est donc pas particulièrement châtié. 
Ils n'ont enfin aucune pudeur à s'afficher aux côtés du MAS, le Mouvement d'Action-Sociale, un groupuscule néo-fasciste comme lors d'une manifestation de soutien aux riverains de la "Jungle" de Calais, le 17 décembre dernier.

L'action des "Calaisiens en colère" condamnée par les autorités

Les vidéos retirées ont en tous cas déclenché une réaction très ferme du côté de la mairie de Calais, où l'adjoint à la sécurité Philippe Mignonet, a condamné "la violence diffusée dans ces vidéos. J’ai déjà vu certains du collectif équipés de tonfa. Parmi les Calaisiens en colère ou apparentés, certains sont d’extrême-droite et font de l’immigration un sujet politique. Ils n’attendent qu’une chose : que ça éclate pour s’en prendre aux migrants", a-t-il déclaré à la Voix du Nord.
Même réaction de rejet et de condamnation chez la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio.

"Une vraie milice qui sévit"

Sur son blog "Passeurs d'hospitalités - des exilés de Calais", Philippe Wanesson dénonce de son côté "une vraie milice qui sévit". Et d'interroger : "Avec toutes les forces de l’ordre qui gravitent autour du bidonville, comment est-il possible qu’un groupe qui diffuse une haine engendrant des appels aux meurtres puisse rester là chaque soir à provoquer les exilés, bénévoles et militants qui passent ?"
On ignore pour l'instant si le Parquet de Boulogne-sur-Mer a diligenté une enquête, ou non.

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