Migrants : plus de 9 500 passages ou tentatives de passage de la Manche en 2020

Six personnes sont mortes et trois disparues lors de ces traversées périlleuses, selon les autorités françaises.

En 2020, les autorités françaises ont dénombré quatre fois plus de passages ou de tentatives de passage de la Manche par des migrants qu'en 2019.
En 2020, les autorités françaises ont dénombré quatre fois plus de passages ou de tentatives de passage de la Manche par des migrants qu'en 2019. © AFP

Vendredi matin encore, le 8 janvier, alors que la température de la Manche s'élevait à seulement 9 degrés, quinze migrants, dont huit en état d'hypothermie, ont été secourus sur la plage de Camiers, près du Touquet, après l'échec de leur tentative de traversée, d'après la préfecture du Pas-de-Calais.

Selon une source proche des secours, un enfant d'environ trois ans figurait parmi les naufragés en hypothermie qui ont été orientés vers des hôpitaux de la région.

Un nombre en hausse depuis 2018

Plus de 9 500 passages ou tentatives de passage de la Manche par des migrants désireux de rejoindre les côtes britanniques sur des embarcations de fortune ont été recensés en 2020, quatre fois plus qu'en 2019, ont annoncé les autorités françaises, vendredi 8 janvier.

"En 2020, 868 événements liés à des tentatives ou traversées de migrants par voie maritime ont été dénombrés en Manche, impliquant 9 551 migrants", a indiqué la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord. Six personnes sont mortes et trois disparues lors de ces traversées périlleuses, après quatre décès en 2019, a-t-elle précisé.

La préfecture maritime a précisé qu'un même migrant pouvait être comptabilisé plusieurs fois s'il tentait à plusieurs reprises le passage. En 2019, 203 tentatives ou traversées impliquant 2 294 migrants avaient été recensées. Ce chiffre avait déjà été multiplié par quatre par rapport à l'année 2018. 

Plusieurs facteurs d'explication

Selon François Guennoc, président de l'Auberge des Migrants, l'accentuation de ce phénomène migratoire s'explique par "plusieurs facteurs": "les très bonnes conditions météorologiques entre début mars et août, l'augmentation du taux de réussite, l'amélioration des méthodes des passeurs notamment avec des départs multiples sur un espace littoral de près de 200 km, la rentabilité de ces pratiques, ainsi que les difficultés croissante de passer par les camions en raison du perfectionnement du système de repérage aux frontières".

"Les conditions de survie sur le littoral sont de plus en plus difficiles, avec des évacuations massives et une forte pression policière."

François Guennoc, président de l'association l'Auberge des Migrants

Selon lui, "ces tentatives vont continuer en raison de la politique européenne en terme de droit d'asile et d'accueil qui ne va pas dans un sens positif". 

Un millier de migrants entre Calais et Grande-Synthe

Les associations recensent actuellement environ un millier de migrants entre Calais et Grande-Synthe, exposés à des expulsions quasi quotidiennes de leurs campements de fortune.

Coordonnées par le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez, les opérations de secours impliquent régulièrement des moyens maritimes et aériens pour porter assistance à des pneumatiques souvent surchargés et aux moteurs défaillants.

Depuis fin 2018, ces traversées ne cessent de se multiplier malgré les mises en garde répétées des autorités soulignant le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la faible température de l'eau.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
migrants société immigration migrants à calais