Meurtre d'Aurélie Châtelain : procès aux assises requis pour Sid Ahmed Ghlam

Sid Ahmed Ghlam, meurtrier présumé d'Aurélie Châtelain, devait commettre un attentat dans une église. / © AFP
Sid Ahmed Ghlam, meurtrier présumé d'Aurélie Châtelain, devait commettre un attentat dans une église. / © AFP

La Caudrésienne Aurélie Chatelain avait été retrouvée morte dans sa voiture le 19 avril 2015 à Villejuif, victime du terroriste présumé Sid Ahmed Ghlam. 

Par AFP

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a requis un procès aux assises pour Sid Ahmed Ghlam, soupçonné d'avoir voulu attaquer une église à Villejuif et d'avoir tué Aurélie Châtelain, une jeune professeur de fitness originaire de Caudry, trois mois après les attentats de janvier 2015, a appris vendredi l'AFP de sources concordantes.

Le PNAT a par ailleurs réclamé le renvoi de neuf autres protagonistes de ce dossier, dont deux sont présumés morts en zone irako-syrienne. Les juges d'instruction doivent rendre leur décision dans les prochaines semaines sur la tenue de ce procès.
 

Dans son réquisitoire, le PNAT demande le renvoi de Sid Ahmed Ghlam pour "assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste", "association de malfaiteurs terroriste" et "recel de délit", selon une source judiciaire.

Il est soupçonné d'avoir voulu attaquer le 19 avril 2015 une église de Villejuif, au sud de Paris, à l'heure de la messe dominicale. Mais, selon l'accusation, cet étudiant algérien alors âgé de 23 ans a renoncé à son projet et appelé les secours car il s'était tiré par accident une balle dans la jambe après avoir tué Aurélie Châtelain, croisée sur le parking où il préparait son assaut.

Sid Ahmed Ghlam nie ce meurtre, assurant qu'elle a été tuée accidentellement par un mystérieux complice dont il est le seul à affirmer l'existence. Une thèse jugée peu crédible par les enquêteurs. Il affirme aussi s'être volontairement ravisé et mutilé pour empêcher l'attentat. Il a toutefois reconnu avoir été téléguidé par le groupe Etat islamique (EI) : les policiers avaient rapidement décrypté ses échanges avec deux donneurs d'ordre de l'EI, "Abou Moutana" et "Amirouche", qui lui donnaient pour instruction de trouver "une bonne église avec du monde".

Les enquêteurs pensent que derrière ces noms se cachent deux vétérans du jihad, visés depuis deux ans par des mandats d'arrêt mais présumés morts en zone irako-syrienne : Abdelnasser Benyoucef, entraîné par Al-Qaïda en Afghanistan et lié au Groupe islamiste des combattants marocains (GICM), et Samir Nouad, considéré comme l'un des donneurs d'ordre d'Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attentats du 13 novembre 2015.

Le PNAT a également requis le renvoi aux assises de ces deux hommes pour "complicité d'assassinat et de tentative d'assassinat" et "association de malfaiteurs". Le parquet antiterroriste a par ailleurs demandé le renvoi de sept autres suspects mis en examen dans cette enquête: deux pour "complicité d'assassinat et de tentative d'assassinat" et "association de malfaiteurs", trois uniquement pour "association de malfaiteurs" et deux pour "infraction à la législation sur les armes".
 

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