Confinement, le casse-tête des maires : dans le Nord, la ville de Marcq-en-Barœul poussée à rouvrir ses aires de jeux

Depuis début avril, des rubalises empêchent tout accès à la quarantaine d'aires de jeux de Marcq-en-Barœul (Nord). Après deux semaines, elles devront être retirées. Petite histoire d'un casse-tête insoluble.

Le square de Kuurne, à Marcq-en-Barœul
Le square de Kuurne, à Marcq-en-Barœul © Virginie Demange (France 3)

Quand les décisions à prendre en temps de Covid retombent entre les mains des maires, il est parfois très compliqué de définir les règles à appliquer. Pour Bernard Gérard, maire LR de Marcq-en-Barœul (Nord), dans la métropole lilloise, il y a même de quoi s'arracher les cheveux.

Tout a commencé par des plaintes de parents. Avec les beaux jours, nombreux sont ceux qui ont voulu profiter des parcs et jardins de la ville, ainsi que de la quarantaine d'aires de jeux à disposition. Sur les réseaux sociaux ("Trop de monde", "Aucun contrôle", "Aucune jauge"...) mais aussi dans la presse locale. Le 31 mars, La Voix du Nord consacre même un papier à la Ferme aux Oies, "fréquentée au-delà du raisonnable".

Un arrêté municipal d'interdiction du 1er au 30 avril

Le 1er avril, le maire prend un arrêté municipal à effet immédiat pour "interdire l'accès aux aires de jeux situées dans les parcs publics sur la commune, en raison du renforcement des mesures sanitaires.

"On a pris cet arrêté de manière concomitante avec les nouvelles mesures gouvernementales et le confinement, explique Bernard Gérard. Nous avons jugé la fréquentation des aires de jeux inquiétante par rapport à la distanciation et aux gestes barrières. Nous avons donc décidé d'interdire leur accès pour tout le mois d'avril." Et d'ajouter : "Il faut voir les enfants s'agglutiner sur les toboggans, c'est impossible à réguler. Quand ils font de la trottinette ou qu'ils courent, c'est autre chose."

Cette décision entraîne alors de nouvelles remarques négatives, de la part cette fois d'autres parents, qui trouvent la démarche ridicule et se plaignent de devoir emmener leurs enfants dans les squares des villes voisines, La Madeleine, Lille, ou Mons-en-Barœul. 

Je ne veux pas que la Ville puisse être accusée de favoriser la propagation du virus !

Bernard Gérard, maire LR de Marcq-en-Barœul

"Quelle que soit la décision, j'en prends plein la figure, ne peut que constater l'élu. Nous, on veut juste oeuvrer au mieux pour la sécurité des Marcquois.es. On ne veut pas être accusés de favoriser la propagation du virus."

Bernard Gérard jongle en permanence, entre les habitants et les instructions venues d'en haut. Vendredi 9 avril, à 19h17, un mail du préfet tombe dans la messagerie municipale, mail qui ne sera donc traité que ce lundi matin. Il contient un document indiquant que "les parcs, jardins et espaces verts aménagés en zone urbaines" doivent rester ouverts, et que "les aires de jeux intégrées sont ouvertes de plein droit."

"De plein droit !", reprend le maire. "En théorie, ça paraît facile : on rouvre. En réalité, ce n'est pas si simple." En effet, le texte ne s'arrête pas là, et précise : "sauf si le gestionnaire du lieu décide de les fermer. Lorsque les modalités d'organisation et de contrôle mises en place sont insuffisantes à garantir le respect des règles sanitaires et la limite de 6 personnes, le préfet peut imposer la fermeture du parc concerné. (...) Les activités de type accrobranche ou paintball en extérieur sont fermées au public."

Une solution intermédiaire

"C'est vrai que j'ai des réclamations sur le paintball tous les jours !", ironise le maire. "Là au moins, c'est clair, c'est fermé, mais pour les aires de jeux, c'est à moi de décider. Encore une fois, je ne veux pas prendre de risques...", insiste celui dont le rôle est aussi de protéger ses administrés, mais qui n'a pas les moyens de placer un policier municipal dans chaque square.

"C'est un vrai casse-tête, on planche là-dessus depuis ce matin, avec la direction des services techniques." Seule solution : un entre-deux, adapté au texte préfectoral. Les rubalises seront donc retirées et les aires de jeux intégrées ouvertes "de plein droit". "Nous sommes en train de préparer de grands panneaux, qui seront dès que possible installés dans tous les parcs." Ils rappelleront la distanciation physique obligatoire, et bien sûr la jauge : 6 enfants maximum dans l'aire de jeux. Charge aux parents de contrôler, la responsabilité restant toutefois celle de la Ville... Quand on vous dit que c'est un vrai casse-tête !

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