"Noyés de la Deûle" : le principal suspect du meurtre d'Hervé Rybarczyk est sorti de prison

Il a passé près d'un an en détention provisoire.

Le corps d'Hervé Rybarczyk avait été repêché fin avril 2011.
Le corps d'Hervé Rybarczyk avait été repêché fin avril 2011. © MAXPPP
Yohan Mutte, l'un des hommes mis en cause ans la mort suspecte d'Hervé Rybarczyk, est sorti de prison le 20 avril, selon une information de Médiacités confirmée par une source judiciaire.

Membre de l'ultra-droite, il sort d'une période de détention provisoire d'un an, après son arrestation fin avril 2017, aux côtés de deux autres hommes soupçonnés d'être impliqués dans la mort de ce Ronchinois de 42 ans, retrouvé dans la Deûle en 2011. 


Les faits


Le 11 novembre 2011, le musicien ronchinois Hervé Rybarczyk disparaît à Lille après avoir donné un concert avec son groupe Ashtones. Son corps est repêché deux semaines plus tard dans la Deûle. Il est, à l'époque, considéré comme le sixième "Noyé de la Deûle" après John Ani, Thomas Ducroo, Jean-Mériadec Le Tarnec et Lloyd Andrieu, même si plusieurs éléments le distinguent, notamment le fait que son corps ait été retrouvé au port fluvial.

Les pistes du suicide ou de l'accident sont à l'époque privilégiées et le procureur Fèvre finit par clore le dossier en juillet 2014, estimant rien ne laissait présager autre chose que des décès accidentels.

Rebondissement en 2017


Mais l'année dernière, l'affaire a connu un rebondissement inattendu : en 2015, lors du procès du groupuscule néonazi White Wolf Klan à Amiens, un des accusés mis sur écoute en prison explique à quelqu'un qu'il a dû "tuer un homme" à Lille, espérant que "le juge n'aille pas trop loin dans [sa] période lilloise".

Une information qui pousse le parquet de Lille à "faire le lien avec un mouvement extrémiste" en étudiant l'hypothèse "d'une agression contre un 'antifa' à qui un guet-apens aurait été tendu". 

Une nouvelle enquête qui conduit à l'arrestation, fin avril 2017, de trois hommes âgés de 24 à 28 ans et à leur mise en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, en réunion, avec préméditation ou guet-apens et avec arme".

Parmi eux, Yohan Mutte, à qui le juge des libertés et de la détention a permis de quitter la prison un an plus tard, faute d'éléments incriminant . Toujours selon nos confrères de Médiacités, il a été obligé par la justice à quitter le Nord-Pas-de-Calais et doit encore être jugé.

Yohan Mutte avait déjà été condamné pour une agression homophobe au bar gay Vice et versa, dans le Vieux-Lille, en 2013.
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