Cercueils naturels, humusation... Les rites funéraires écologiques se développent dans le Nord (et en Belgique)

De nouveaux rites funéraires visent à limiter l'impact écologique après la mort. / © France 3
De nouveaux rites funéraires visent à limiter l'impact écologique après la mort. / © France 3

Inhumation ou incinération, les rites funéraires autorisés en France sont loin d'être écologiques. Pour préserver la planète, certains imaginent un nouveau type de funérailles. Côté belge, un collectif milite pour légaliser l'humusation, consistant à laisser le corps humain se décomposer en terreau.

Par M.D. avec Maïna Sicard-Cras

Être écolo, même après sa mort ? L'idée séduit de plus en plus d'adeptes qui se tournent vers des rites funéraires plus écologiques. Car les deux types de funérailles autorisés en France, l'inhumation et la crémation, ne sont pas toujours respectueux de l'environnement.

Les cimetières sont souvent les lieux les plus pollués d'une commune. Les corps détiennent des substances toxiques qui polluent les sols et l'atmosphère comme le formaldéhyde, substance très cancérigène utilisée presque systématiquement pour la conservation des dépouilles.
 
Cercueils écologiques, humusation : ces nouveaux rites funéraires qui gagnent du terrain

Basé à Lille, Sylvain Lefevre veut proposer une alternative à ces deux options. Il est le seul dans le nord de la France à proposer des cercueils et urnes en bois brut. "Il n'y a dessus aucune teinte, aucun vernis, aucune poignée en métal ou en plastique. Ca reste complètement naturel. Parler funérailles avec quelqu'un, c'est complètement anxiogène donc l'amorcer par l'écologie, c'est un nouveau regain", estime-t-il.

Et pourtant, les avis sont encore bien partagés. "C'est la cerise sur le gâteau je dirais. Quand on aura fait tout le reste, peut être qu'on pourra s'intéresser à ce genre de problème. Pour le moment ça me paraît très marginal comme problème", dit un client.

De l'autre côté de la frontière, le parlement belge, quant à lui, réfléchit à l'humusation, c'est-à-dire la transformation du corps d'un défunt en compost. Tout commence par des copeaux de bois. "On fait d'abord un lit de 20 centimètres d'épaisseur pour installer le corps uniquement emballé d'un linceul. Après on va recouvrir avec deux autres mètres cubes pour faire une butte importante qui sera le milieu idéal pour faire venir la microfaune. La métamorphose dure 12 mois", explique Francis Busigny, président de la fondation "Métamorphose pour mourir, puis donner la vie".
 

 

L'humusation, un procédé réaliste ?


Au terme de cette transformation, la butte se transforme en terreau sein et fertile servant à revitaliser la terre et planter de nouveaux arbres. "Dans chaque commune, il y aura un bois aménagé pour accueillir les nouveaux arbres de ceux qui se seront fait humuser", ajoute-t-il. Un processus, qui selon certains scientifiques belges permettrait d'économiser une tonne de CO2 par personne.

Le concept rencontre déjà ses adeptes. Sur son site, la fondation belge relaie le témoignage de Guy-Siegfried Basyn, retraité, qui aimerait "offrir son corps à la nature" quand "(son) âme aura décidé de quitter (son) corps". "Pas d'incinération ni de mise en terre, c'est trop gaspilleur d'énergie et trop polluant", écrit-il dans ses dernières volontés.
 

Plusieurs questions persistent toutefois sur l'humusation. "C'est une idée qui n'a jamais été testée sur des corps humains. Ça se pratique au Canada, mais pour des charognes, le gros bétail... Mais il faut être tout à fait conscient qu’un humain a un parcours médicamenteux tout à fait différent de celui d’un animal", explique Xavier de Florenne, le "Monsieur cimetière" de la région wallonne auprès de la RTBF.

L'Université catholique de Louvain a été subsidiée par la Wallonie pour tester l'humusation sur deux porcs. Les résultats sont attendus pour 2020, selon nos confrères de la télévision publique belge. L'éventuelle légalisation de ce procédé chez nos voisins serait à compter en années, et non en mois.

 

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