Covid-19 : “Ce qui bloque c’est la mauvaise organisation des tests en France”, pour le Pr. Froguel du CHU de Lille

Interrogé sur le plateau de France 3 Nord, le Professeur Froguel revient sur les annonces du premier ministre Jean Castex de vendredi dernier. Le professeur du CHU de Lille pointe du doigt l'insuffisance des tests en France.

Le professeur Philippe Froguel, du CHU de Lille, est dubitatif en ce qui concerne les annonces du gouvernement depuis le début de la crise sanitaire. En mai dernier déjà, quand le gouvernement promettait 700.000 tests par semaine, le professeur Froguel exprimait son septicisme : "tout le monde ment, on ne pourra pas".

Des délais trop longs

Le Premier ministre a annoncé une multiplication du nombre de tests et une réduction de la période de quarantaine, de deux semaines à une seulement.

"On fait un million de tests par semaine, hélas pour la plus grosse partie de ces tests, les résultats se font en quelques jours", déplore le professeur. Si on considère que l’isolement doit être de 7 jours et que l’on met une semaine à avoir le résultat, cela ne sert strictement à rien.

“Ce qui bloque c’est la mauvaise organisation des tests en France.”

Pr. Froguel

Pour le professeur, il faut envisager une autre organisation, à échelle plus réduite. "Aujourd'hui, le gouvernement n'a pas encore accepté nos propositions de faire des grandes plateformes régionales", regrette-t-il. Leur atout ? Une capacité à "faire 10 000 ou 20 000 tests par jours, au moment où l'on en a besoin et à l'endroit où il faut." Philippe Froguel prend l'exemple du centre lillois : "Il faudrait vraiment tester les université."

Pas forcément de pénurie de tests à craindre

D'après lui, en faisant appel à divers fournisseurs, les laboratoires n'ont pas à craindre de pénurie de réactifs pour les tests. "C'est tout à fait jouable, à condition que l'on fasse cela de manière très sérieuse et très organisée", affirme le professeur. Le chef des urgences du CHU de Lille, Patrick Goldstein, aurait fait part de son inquiétude. Une augmentation des hospitalisations et patients en réanimation laisse envisager des situations comme à Nantes ou Lyon où l'épidémie reprend de plus belle. Le passage du Pas-de-Calais en zone rouge est aussi un marqueur de l'accélération des contaminations.
Philippe Froguel souligne que l'"on arrive pas aujoud'hui à protéger les personnes à risques". Il donne un dernier conseil, à l'intention des jeunes surtout : "Si vous voulez faire quand même la fête, il faut que vous protégiez vos aînés. N'allez pas voir vos parents ou grands-parents et [faites] très, très attention. Sinon, obligatoirement, ils vont être contaminés un jour."
Six autres médecins du CHU appellent d'ailleurs dans une tribune à éviter tout rassemblement privé.
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