Eviter de rouler aux heures de pointe pourra rapporter de l'argent aux automobilistes de la métropole lilloise

Le système de "péage positif" de la métropole lilloise va bientôt débuter. Les pré-inscriptions s'étendront du 3 avril au 12 mai prochain. 5000 personnes sont attendues pour cette phase expérimentale.

La Métropole européenne de Lille (MEL) lance pour la première fois son écobonus sur les trajets de voiture. Son objectif : diminuer le nombre de véhicules de particuliers sur les heures de pointes et éviter les embouteillages. 

La MEL note que "chaque trajet évité devra être signalé sur l'application mobile" et ajoute que cela "donnera droit au gain d'une récompense d'un montant de 2 € par trajet dans la limite de 80 € par mois qui seront versés directement sur le compte bancaire des participants". 

Pré-inscriptions du 3 avril au 12 mai 

Les pré-inscriptions à cette expérimentation ouvrent à partir de lundi 3 avril et se termineront le 12 mai sur le site "Changer ça rapporte". À partir du mois de mai et jusqu'au mois de juin, la MEL procédera à une vérification de l'éligibilité des automobilistes "en détectant leurs passages sur les axes autoroutiers concernés à travers la lecture automatisée des plaques d’immatriculation". 

Les caméras vont être installées "sur les portiques où sont implantés les panneaux à messages variables surplombant les axes autoroutiers". 

Enfin, au cours de l'été, les conducteurs inscrits qui remplissent les conditions seront contactés pour compléter les dernières démarches (fournir les pièces justificatives, accepter le programme, créer un compte sur l'application mobile). 

En tout, pour cette première phase d'essai, il devrait y avoir 5000 participants.

Inciter les particuliers à utiliser d'autres modes de transports 

Le but de ce programme ecobonus est, selon la Métropole Européenne de Lille, multiple. Il vise d'abord à "limiter la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre" mais aussi à favoriser l'utilisation de transports doux comme le vélo, mais aussi le covoiturage ou encore les transports publics. 

Aussi, ce projet veut soulager les principaux points de saturation de la métropole "de quelques % sur leurs volumes de trafic circulant aux heures de pointe afin de passer d'une situation saturée à une situation dense". 

Enfin, la MEL veut "améliorer la fiabilité des temps de parcours des usagers des infrastructures routières de transport". 

La MEL s’appuie sur l’exemple hollandais et plus particulièrement le projet « Wild ! Van de Spits » déployé à Rotterdam qui récompense les conducteurs qui modifient leur comportement en évitant de conduire aux heures de pointe sur certaines routes très encombrées.

Métropole Européenne de Lille

La MEL conseille plusieurs options pour éviter un trajet : télétravailler, décaler ses horaires, co-voiturer, prendre le train ou le bus, utiliser une trottinette ou un vélo, ou encore "favoriser les mobilités hybrides : en utilisant son véhicule pour aller à une gare ou se stationner dans un parking relais".

Un programme qui ne fait pas l'unanimité

En décembre dernier, au moment de l'annonce de ce "péage positif", plusieurs voix écologistes se sont élevées pour dénoncer une "usine à gaz". Pauline Ségard, élue EELV de Villeneuve d'Ascq, expliquait à France 3 Nord Pas-de-Calais à ce moment-là qu'il s'agissait de "beaucoup d'argent public, pour un résultat très incertain". 

De son côté, Rudy Elegeest, conseiller métropolitain de Mons-en-Baroeul, avançait qu'il fallait davantage se focaliser sur "l'offre de transports collectifs".   

Pour nous c'est une idée très curieuse, dans la mesure où on considère que ces milliers d'automobilistes pourraient faire autrement. Nous on pense que s'ils ne le font pas c'est qu'ils ne peuvent pas le faire.

Rudy Elegeest

France 3 Nord Pas-de-Calais, le 17 décembre 2022

Un déploiement progressif 

La Métropole européenne de Lille note que le "déploiement du programme Ecobonus est progressif". Il sera dans un premier temps mis en place sur l'autoroute A1 dès le mois de septembre dans le "sens entrant vers Lille à l'heure de pointe du matin de 7h à 9h" et en "sens sortant à l'heure de pointe du soir de 16h30 à 18h30".

L'autoroute A23 est également concernée dans le "sens entrant vers Lille à l’heure de pointe du matin de 7h à 9h" et le "sens sortant à l'heure de pointe du soir de 16h30 à 18h30".

Si le programme s'avère être concluant, il pourrait être déployé sur d'autres axes routiers et autoroutiers comme l'A25 et la RN41, puis l'A22. "Après juin 2024, le dispositif sera pérennisé avec un programme de fidélité en partenariat avec les commerçants du territoire", conclut la MEL.