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Les morts dans la rue : le Nord est le troisième département le plus touché

Chaque année le collectif "Les morts dans la rue" recense les SDF qui sont décédés. Ici une cérémonie d'hommage à Paris en 2015. / © Gilles Boitard (collectif "les morts dans la rue")
Chaque année le collectif "Les morts dans la rue" recense les SDF qui sont décédés. Ici une cérémonie d'hommage à Paris en 2015. / © Gilles Boitard (collectif "les morts dans la rue")

Avec une trentaine de décès, le Nord arrive en troisième place des départements qui enregistrent le plus de morts de SDF dans la rue. En France, le collectif "les morts dans la rue" a dénombré  566 victimes en 2018, contre 511 en 2017. Des morts invisibles dont le nombre serait sous estimé.

Par @France 3 Nord

Comme chaque matin, l'équipe de maraude du SAMU social de Lille part en tournée. Sa mission, aller à la rencontre des SDF pour offrir un café, une soupe, voir si tout va bien.
Au fil des mois et des années, ils les connaissent, savent dans quels endroits ils s'abritent les uns et les autres.

Ces travailleurs sociaux portent une attention particulière aux plus vulnérables, aux "invisibles de la rue", ceux qui vivent cachés, dans des usines à l'abandon ou des sous bois.
 

Une quarantaine de morts dans la rue dans les Hauts-de-France


Le Nord est le troisième département de France le plus touché par la mortalité des sans domicile fixe. Une trentaine de décès chaque année. Ils sont une dizaine dans le Pas-de-Calais.

"Là, on va voir un monsieur qui est installé en tente à proximité de Lille. J’espère qu’on va le trouver", explique Arnaud Lexa, agent de maraude pour le Samu social en s'engouffrant avec son collègue dans un hangar désaffecté de la banlieue lilloise. 

Les affaires sont là, mais pas leur propriétaire. 
"On peut très bien se dire qu'on repassera ce soir. On va transmettre aux collègues. On repassera demain ou à un autre moment de la journée où on sera susceptible de rencontrer quelqu’un".
 
Une trentaine de morts dans la rue chaque année dans le Nord
► Reportage de T. Baudenaille-Pessotto / A. Morvan / A. Maquet 


Le manque de place d'hébergement 


L’équipe poursuit sa maraude, et retrouve Patrick. Connu du SAMU, confronté à la violence de la rue, il cherche une place en logement d'accueil depuis plusieurs mois.

"La vie elle est telle qu’elle est", nous dit Patrick fataliste. "Je ne me pose pas la question « un jour je vais mourir ». Pour moi le but, c'est que j'ai envie de m’en sortir"

"Il faut peut-être qu’on ait davantage de moyens parce qu'on en manque", enchaîne Arnaud du SAMU social. "A titre personnel, je n’accepte pas ces décès-là. Et je me bats pour ceux qui sont encore là."
 

Une mortalité dans la rue sous estimée 


Des décès auxquels est confronté depuis 2006, le collectif Mémoire et fraternité. A Lille, il s’occupe des enterrements de SDF, mais pas seulement.

Maxime Poublanc est l'un de ses membres : "L’expérience d’une vie à la rue, de la précarité, ça laisse des marques", explique-t-il. "Il y a la part que l’on connaît des personnes qui décèdent à la rue, et puis il y a la part de toutes les personnes qui vont mourir de causes diverses, de façon prématurée par rapport à l’espérance de vie en France".
 

Au total, 566 personnes sont mortes dans la rue en France en 2018, selon les chiffres communiqués par le collectif "les morts dans la rue". 55 de plus qu'en 2017. Des chiffres qui seraient en réalité six fois supérieurs d’après les associations.

 

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