Réforme des retraites : un policier écrase la tête d'un manifestant à Lille, on vous explique la scène

Les images, filmées par un de nos reporters de France 3 Lille lors de la manifestation du 23 mars, circulent sur les réseaux sociaux sans toutefois saisir le contexte de cet acte de violence. C'est pourquoi nous avons revisionné les clips de notre caméra. Voici ce qu'on y voit.

La scène s'est déroulée place de Strasbourg, à Lille, aux alentours de 16 heures, lors de la 9ème journée de mobilisation contre la réforme des retraites, rassemblant 12.500 personnes selon la préfecture, 75.000 d'après la CGT.

On y voit des policiers courir lors d'une charge contre des manifestants, et l'un d'eux, casqué, habillé d'un pantalon et de chaussures de civil, marcher sur le visage d'une personne tombée au sol. Une scène qui a provoqué l'ouverture d'une enquête administrative au sein de la direction centrale de la sécurité publique du Nord.

Un contexte de tension mutuelle

Ces images ont été filmées par l'un de nos journalistes de France 3 Nord Pas-de-Calais, présent dans le cadre d'un reportage sur cette journée de grève. Un des extraits du tournage a ensuite été exploité par notre rédaction web et inclus dans un article publié sur notre site internet.

C'est à partir de ce moment que les images ont été largement reprises sur les réseaux sociaux, notamment pour dénoncer les violences policières. C'est le cas sur Twitter, avec les comptes d'internautes engagés, comme (R)evol, L'Offensive ou encore j'dis ça j'dis rien.

Toutefois, ces images ne montrent pas l'intégralité de la scène menant à cet acte de violence. Notre journaliste a commencé à filmer la scène une quarantaine de secondes avant l'action de cet agent de police. On y voit, à l'angle de la place de Strasbourg, au niveau de la rue Nationale, en face de la boulangerie Paul, le cortège morcelé et encadré de plusieurs côtés par les forces de l'ordre.

La tension monte lors d'un face-à-face distant de quelques mètres. Plusieurs manifestants, surtout des jeunes, dont une poignée dissimulant leur visage, adressent des bras d'honneur aux forces de l'ordre. Un gréviste, posté entre les deux camps, crie "on lâche rien" dans un mégaphone CGT. Un autre jette une bouteille de bière en verre à destination des policiers. Geste accompagné de "cassez-vous".

Un coup de matraque et un coup de pied

Quelques secondes plus tard, un cordon de policiers charge, sur le côté, la zone du cortège d'où viennent les projectiles. Du gaz lacrymogène est lancé. Notre reporter braque sa caméra vers les agents à l'offensive.

C'est à ce moment qu'un des policiers écrase le visage d'un des trois manifestants tombés au sol, après lui avoir donné un coup de matraque.

durée de la vidéo : 00h01mn58s
Le clip en intégralité, tourné par notre reporter de France 3 Nord Pas-de-Calais, où on aperçoit un policier marcher sur le visage d'un manifestant. ©France Télévisions

Quelques minutes après, le cortège s'est reformé, la CGT a tenté de reprendre le contrôle de la manifestation, et le calme est revenu, avant que de nouveaux affrontements surgissent plus tard dans la soirée, place de la République et dans les rues environnantes.

Une manifestation sous haute tension

Cette neuvième journée de mobilisation, qui s'est déroulée une semaine après l'adoption de la réforme au 49.3 et au lendemain de la prise de parole télévisée d'Emmanuel Macron, a été marquée par un regain de violence à Lille, comme partout en France.

14 interpellations ont eu lieu dans la capitale des Flandres. Le directeur départemental de la sécurité publique du Nord, Thierry Courtecuisse, a reçu un pavé au visage.

L'actualité "Économie" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Économie" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité