Viol et meurtre d’Angélique à Wambrechies : l’insoutenable calvaire infligé par David Ramault à la fillette de 12 ans

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Écrit par Martin Vanlaton
Photo d'Angélique, 12 ans, amené par sa maman au procès de David Ramault. La fillette a été violée et tuée en avril 2018 à Wambrechies.
Photo d'Angélique, 12 ans, amené par sa maman au procès de David Ramault. La fillette a été violée et tuée en avril 2018 à Wambrechies. © Martin Vanlaton / FTV

Tout au long de la deuxième journée du procès de David Ramault aux assises du Nord, enquêteurs de la police judiciaire et médecins légistes se sont succédés pour raconter, minute par minute, le calvaire subi par l’adolescente mercredi 25 avril 2018. En toile de fond, la question de la préméditation.

Après les aveux réitérés de l’accusé hier et l’étude approfondie de sa personnalité complexe, les faits étaient au coeur de ce deuxième jour de procès. Plusieurs officiers de la police judiciaire de Lille sont venus témoigner, tout comme le médecin légiste qui a réalisé l’autopsie de la fillette au lendemain de la découverte du corps. 

Même si David Ramault avait livré des aveux circonstanciés dès son interpellation le samedi 28 avril 2018, cette journée à permis de retracer l’insoutenable calvaire vécu par la jeune fille, notamment les trois minutes durant lesquelles il a étranglé Angélique. En fin de journée, la présidente de la cour a demandé à l’audience de respecter trois minutes de silence pour se rendre compte de l’indescriptible. Attention, certains passages de la description des faits peuvent choquer.

Bières et pilules érectiles

Ce mercredi 25 avril 2018 était un jour ensoleillé. Son unique jour de repos de la semaine. Après s’être masturbé comme il le fait quasiment quotidiennement devant une vidéo pornographique, David Ramault achète des canettes de bière. Il en boit une à 9h30, prend le bus jusqu’à Lille, retire 50 euros et se rend dans un sex-shop. "Je suis allé acheter des pilules, explique l’accusé. J’ai réfléchi à acheter des pilules pour bander en vue d’une masturbation correcte quand ma femme sera revenue". Une fois l’achat effectué, il en ingurgite une accompagné d’un café sur une terrasse, "pour voir l’effet que ça fait".

Après avoir mangé dans un fast-food et avoir regagné son domicile, il boit une seconde cannette de bière et avale une deuxième pilule, mais "il ne se passe rien". Il s’installe alors dans son canapé, allume Netflix et s’endort devant un film. A son réveil vers 16 heures, il est pris de bouffées de chaleur, se sent "speed" et décide d’aller prendre l’air : "je sens un malaise au fond de moi, j’ai des pensées négatives". Après avoir rencontré un voisin, il arrive aux abords du parc de l’Agrippin. 

Violée et étranglée dans les toilettes

Au loin, la jeune Angélique, écouteurs sur les oreilles, fait des acrobaties. Il la connait bien car il a été son voisin pendant une dizaine d’années. C’est à ce moment qu’il dit ressentir des pulsions alors que la jeune fille est en train de s’approcher de lui. "Elle courait vers moi, elle était tout sourire, elle était avenante (…) Un rayon de soleil". Il la ruse pour l’emmener chez lui. "Je lui dit : « tiens, viens, j’ai un cadeau pour tes parents". La présidente le coupe. "À ce moment-là, c’est quoi l’idée ?" Il pleure. "L’idée, c’est de la ramener à la maison pour faire du sexe"

Une fois arrivé au domicile, porte refermée et verrouillée, il propose à Angélique un jus d’orange et la flatte sur son physique. Il lui demande si elle a un petit copain et a déjà eu des relations sexuelles. "Non", répond Angélique, gênée par ses questions. Lorsqu’il lui pose la main sur l’épaule, elle tente de s’enfuir. Mais David Ramault la retient, elle se réfugie sous la table et tente d’utiliser son portable pour appeler au secours.

Il lui arrache alors le tee-shirt et l’emmène dans les toilettes "pour ne pas qu’on l’entende". Il ferme la porte à clé et demande à la jeune fille de se dévêtir. Paniquée, elle s’exécute. Il lui demande de lui faire une fellation mais Angélique refuse et tente de s’enfuir. David Ramault la gifle. Elle s’exécute alors quelques secondes, puis demande de boire de l’eau au robinet. Il accepte. Elle se retourne. Ramault en profite pour introduire ses doigts dans ses parties intimes. C’est à ce moment précis qu’il dit "péter un câble". Il se baisse, saisit le pantalon de la jeune fille et l’étrangle, pendant trois minutes, jusqu’à ce qu’elle s’écroule et décède.

Le corps dénudé d’Angélique dans une valise

L’agression a duré au total quinze minutes selon l’accusé. En sortant des toilettes, il découvre plusieurs tâches de sang, la fillette ayant saigné du nez après s'être cognée en tentant de s'échapper. Il se rhabille, enlève la batterie du téléphone d’Angélique et jette le tout dans un égout à proximité. David Ramault va chercher une valise au grenier et y dépose le corps de la jeune fille dénudé. Il prend ensuite une douche, se débarrasse de ses habits et de ceux de la jeune fille.

Après avoir chargé la valise dans le coffre, il va acheter une pelle dans un magasin de bricolage et prend la route en direction de la Belgique. Arrivé à hauteur de Quesnoy-sur-Deûle, il bifurque sur un petit chemin menant à un bois. N’arrivant pas à creuser un trou pour enterrer l’adolescente, il dépose son corps sous des ronces et rentre chez lui pour terminer de nettoyer les traces.

Le lendemain, David Ramault va acheter une nappe pour remplacer celle tâchée de sang, avant de prendre son service comme chauffeur de bus. Le soir même, il va chercher sa femme et ses deux enfants, de retour de vacances passées dans le sud. Samedi 28 avril, soit trois jours plus tard, il se rend à la déchèterie voisine pour jeter la valise. Le soir même, Ramault est interpellé la sortie de son travail.

Cinq auditions en 48 heures

Après son arrivée dans les locaux de la police judiciaire dans la nuit de samedi à dimanche, David Ramault est auditionné. Il reconnait immédiatement les faits et accepte de conduire les enquêteurs sur les lieux où il a caché le corps d’Angélique. Le commandant de la police judiciaire présent ce soir la raconte son arrivée dans le bois, alors que des photos défilent dans la salle. Le père et la soeur d’Angélique quittent la salle, mais la maman de la fillette reste et ne lâche pas du regard les écrans. "Sur ses indications, nous nous dirigeons à Quesnoy-sur-Deûle dans un petit bois au bout du chemin du Loup". Il est 1h30 du matin. "Je me rappelle avoir vu une jambe à la lumière de ma torche. La jeune fille était en position foetale". La photo est projetée, la mère d’Angélique horrifiée. 

Lors de ses 48 heures de garde à vue, David Ramault va être auditionné cinq fois, par trois officiers de police judiciaire (OPJ) différents. Tous sont venus témoigner du détachement de l’accusé : récitation de la scène de façon "glaciale" dit une OPJ, "sans empathie, mécanique" selon son collègue qui lui succède à la barre. "Il était impassible", complète le troisième.

"Il avait tout entrepris afin de ne pas se faire interpeller"

Au travers de toutes les auditions menées en ce deuxième jour de procès, la présidente a cherché à savoir si David Ramault avait prémédité ses crimes. Ce qu’il réfute catégoriquement. Pourtant, dès lors qu’il se débarrasse d’un objet lié au crime, l’accusé prend soin de laisser son portable chez lui. Impossible donc de le géolocaliser : lorsqu’il part acheter une pelle avant de cacher le corps de la jeune fille mercredi soir, lorsqu’il va acheter une nappe dans une grande surface le lendemain pour remplacer celle tachée de sang ou encore lorsqu’il se débarrasse de la valise samedi matin à la déchèterie de Quesnoy-sur-Deûle. "Il avait tout entrepris afin de ne pas se faire interpeller", avance l’OPJ entendue.

"En première apparence, il nous a semblé être monsieur tout le monde, complète sa collègue. Un monsieur qui travaille, qui élève ses enfants, qui part en vacances au camping. Mais en réalité, après avoir creusé, il est apparu comme un véritable prédateur sexuel. Il n’a pas hésité à tuer, à se débarrasser du corps de sa victime, à faire figure auprès de ses proches pendant plusieurs jours".

"En première apparence, il nous a semblé être monsieur tout le monde (...). Mais en réalité, après avoir creusé, il est apparu comme un véritable prédateur sexuel".

Une officier de police judiciaire entendue à la barre

Tous les enquêteurs entendus ce jour témoignent de la violence au moment de la découverte des faits et du corps de la jeune fille. "C’est sans aucun doute l’une des affaires les plus marquantes de ma vie", confessent-ils à tour de rôle. Des débats particulièrement éprouvants pour la famille d’Angélique. Son père, victime d’un premier malaise dès l’ouverture de l’audience mardi 16 novembre, s’est de nouveau écroulé en début de soirée.

La journée de demain est consacrée aux expertises psychologiques et psychiatriques, avant d’entendre l’accusé. Les parties civiles vont plaider dans l’après-midi. Après le réquisitoire de l’avocate générale et la plaidoirie de la défense, le verdict est attendu vendredi 19 novembre dans l’après-midi. David Ramault, déjà condamné à 9 ans de prison pour des faits de viol sur mineur en 1996, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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