Peste porcine : la France encore “indemne”, 657 sangliers malades meurent en Belgique

Photo d’illustration. / © Philippe Clément/MAXPPP
Photo d’illustration. / © Philippe Clément/MAXPPP

Tandis que la peste porcine africaine continue de faire des dégâts en Belgique, la France serait encore épargnée par le virus, a déclaré le ministre de l'agriculture samedi 18 mai. Récemment, plusieurs centaines de sangliers ont encore été retrouvés morts près de la frontière.

Par M.D. avec AFP

La peste porcine africaine n'a pas épargné nos voisins belges : plusieurs centaines de sangliers malades viennent encore d'être trouvés morts non loin de la frontière. Mais le territoire français est encore "indemne" grâce au "vide sanitaire" imposé entre les deux pays, selon le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume.

"La Belgique vient de trouver 657 sangliers morts atteints de la peste porcine africaine et le dernier à deux kilomètres de la frontière", a déclaré le ministre lors d'une visite dans le Béarn, ce samedi 18 mai. Les premiers animaux morts de ce virus ont été découverts en septembre 2018.
 

La peste porcine africaine est une maladie hémorragique virale dont le taux de mortalité est proche de 100%, mais qui n'est pas transmissible à l'homme.  Elle se propage notamment via les sangliers et la faune sauvage, privant le pays où elle est détectée de son "statut indemne", ce qui empêche quasi-automatiquement l'exportation de viande de porc.

"Nous avons construit une barrière de 112 kilomètres infranchissable et nous avons fait un vide sanitaire total" à la frontière franco-belge entre la Meuse et les Ardennes, en tuant tous les sangliers dans cette zone et en interdisant les promenades en forêt, a expliqué le ministre.

La zone dite blanche est prolongée par une barrière de "plusieurs dizaines de kilomètres en Meurthe-et-Moselle", a précisé Didier Guillaume. "Aujourd'hui, nous pouvons déclarer que la France est indemne", a-t-il dit, "nous avons le tampon de l'UE".

 

La filière retient son souffle


Le ministre travaille parallèlement avec les autorités bruxelloises pour obtenir une "régionalisation", c'est-à-dire faire en sorte que si un sanglier contaminé était retrouvé dans un département français frontalier, cela ne bloquerait pas les élevages et exportations de produits porcins français issus d'autres régions, en particulier de Bretagne et du Pays Basque.

"Si nous obtenions la régionalisation, nous pourrions dire « ouf » car si nous avions un cas, ça ne remettrait pas en cause le reste, a-t-il souligné. Nous travaillons beaucoup avec l'UE et avec la Commission, les choses se passent bien". Selon lui, la régionalisation devrait "en principe" être accordée. Des discussions ont aussi lieu avec des pays tiers comme la Chine, très touchée par l'épidémie et à la recherche de porcs d'importation.
 

En septembre, 4 000 porcs d'élevage avaient été abattus préventivement en Belgique. Une "catastrophe" pour les éleveurs dont certains pourraient mettre "des années" à se relever de ce virus venu d'Europe de l'est.

 

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