Roubaix : quel premier bilan pour la nouvelle Brigade de Reconquête Républicaine dans le quartier de l'Alma ?

Une patrouille pédestre de la "B2R", dans le quartier de l'Alma, à Roubaix, vendredi matin. / © FRANCE 3
Une patrouille pédestre de la "B2R", dans le quartier de l'Alma, à Roubaix, vendredi matin. / © FRANCE 3

La préfecture du Nord, la ville de Roubaix et la police nationale ont effectué vendredi un premier bilan de la nouvelle Brigade de Reconquête Républicaine ("B2R") mise en place en mars dernier dans le quartier sensible de l'Alma. 

Par YF

► De quoi s'agit-il ?

La Brigade de Reconquête Républicaine, surnommée "B2R", a été initiée en mars dernier à Roubaix, dans l'un des quartiers les plus sensibles de la ville, celui de l'Alma. Le principe : "des effectifs placés, directement sur le terrain, dans les rues, pour combattre les trafics et rétablir le fil de la confiance avec les habitants, les bailleurs sociaux et les élus territoriaux", indique la préfecture du Nord.

Cette brigade est actuellement composée de 17 fonctionnaires qui patrouillent tous les jours de la semaine dans le quartier de l'Alma. "Une partie des effectifs sortent d'école, mais on a aussi des effectifs venant d'autres services et qui se sont portés volontaires pour intégrer ces nouvelles unités qui ont un rôle de tout premier plan aujourd'hui dans la lutte contre la délinquance et la restauration du lien police-population", explique Eric Eudes, le commissaire central de Roubaix.   
 
Roubaix : patrouille dans l'Alma avec la nouvelle Brigade de Reconquête Républicaine
Reportage de Yann Fossurier et Sébastien Gurak

Parmi les quatre policiers de la B2R que nous avons pu suivre vendredi matin lors d'une patrouille pédestre dans le quartier de l'Alma, l'un d'eux compte 20 ans de BAC (Brigade Anti-Criminalité) à son actif. Deux de ses équipiers en revanche débutent dans la police. 

Chaque jour, leur mission consiste à aller au contact des habitants, des commerçants, des responsables associatifs. "On voit si dans l'environnement, ils ne rencontrent pas de problème", décrit le major Christophe Bernard, membre de cette unité. La B2R travaille aussi très étroitement avec les bailleurs sociaux qui gèrent les HLM du quartier. Les policiers disposent ainsi de tous les accès pour inspecter les parties communes (halls, cages d'escaliers, coursives...).

Roubaix n'est pas la seule ville du Nord à disposer d'une telle unité. D'autres ont été mises en place à Lille, dans les quartiers de Moulins et Fives, ainsi qu'à Maubeuge.
 

► Quels résultats concrets ?


Même si la B2R n'a été créée qu'il y a six mois à l'Alma, le commissaire Eric Eudes estime que les résultats se font déjà sentir. "Il y a eu quelques belles affaires, notamment en termes de saisie de stupéfiants, de saisies d'armes aussi, mais également de contacts et de remontée d'informations parfois qui sont très importantes pour nous et qui viennent du coeur du quartier", avance-t-il.

Selon le commissaire, le travail de cette nouvelle brigade de proximité a déjà contribué à une trentaine d'interpellations "dans des domaines assez variés comme les stupéfiants mais aussi la police de la route, la lutte contre certaines violences et le contrôle de certains commerces qui posaient des problèmes ou créaient des nuisances".   

Grâce au travail mené avec les bailleurs sociaux, la B2R a pu aussi rendre un peu plus sûr certains accès, comme la rue d'Archimède, située en plein coeur de la cité de l'Alma. Les dalles des coursives, souvent utilisées comme projectiles contre les forces de l'ordre, ont été ainsi remplacées par un sol en gravier. La brigade intervient aussi régulièrement pour repérer et faire enlever les véhicules "ventouses" ou les épaves abandonnées dans le quartier.
 

"Je sens que ça va dans le bon sens", se satisfait Guillaume Delbar, le maire divers-droite de Roubaix, qui va investir 250 000 euros dans l'extension du bureau de police de l'Alma. "J'avais eu l'occasion il y a deux ans d'interpeller directement le président de la République lorsqu'il était venu. Je lui avais dit que c'était quand même paradoxal d'être dans une zone de sécurité prioritaire et de perdre des effectifs. On peut noter que la tendance est inversée. On ne règle pas en quelques mois des problèmes qui étaient présents depuis quelques années, mais on voit un changement de climat, le retour de la confiance..."

La situation reste parfois tendue pour les policiers dans le quartier, une patrouille de la B2R ayant essuyé il y a quelques mois des tirs de gros pétards avec mortiers.     
 

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