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VIDÉO. Tilloy-lez-Marchiennes élit une maire transgenre, la première en France

Marie Cau insiste sur le fait que les quelque 550 habitants du village "ont élu un programme"

© DECIDER ENSEMBLE A TILLOY-LEZ-MARCHIENNES / FACEBOOK
Une femme transgenre a été élue samedi matin maire de Tilloy-lez-Marchiennes (Nord) par le conseil municipal de ce village de 550 habitants, composé uniquement de membres de sa liste, a-t-elle annoncé à l'AFP, confirmant une information de la Voix du Nord.

Marie Cau, 55 ans, "est à ma connaissance la première personne transgenre élue maire en France", a indiqué à l'AFP Stéphanie Nicot, co-fondatrice de l'Association nationale transgenre (ANT), précisant toutefois que "des personnes ont pu passer sous les radars, ne pas rendre cela public".
 
 

"Un beau score en période de Covid-19"


Ingénieur, titulaire d'un diplôme de technicien agricole, d'un BTS Horticole et passée par l'armée avant de se "reconvertir dans l'informatique", Marie Cau a été élue avec 14 voix et un vote nul. Lors du scrutin du 15 mars, les candidats de sa liste avaient obtenu entre 63,5 et 73,1% des suffrages, le taux de participation s'établissant à 67,9%.

"C'est un beau score en période de Covid-19 !", se réjouit-elle auprès de l'AFP, "pas du tout surprise, puisque la liste incarnait une volonté de changement".

"Complètement femme depuis environ cinq ans", après une transition "progressive" pendant une quinzaine d'années, Marie Cau n'a "pas encore changé d'état civil" mais entend le faire prochainement, "pour éviter les tracasseries administratives".
 
 

Marie, troisième prénom à la naissance


"Je n'ai pas eu à changer de prénom car Marie est mon troisième prénom de naissance et je l'utilise couramment depuis deux ans comme le code civil m'y autorise", explique-t-elle.

Depuis 2016, le changement d'état civil a été facilité pour les personnes transgenres, qui n'ont plus à le justifier par des documents médicaux mais doivent toujours passer devant un tribunal pour l'obtenir.

"Je ne suis pas une personne militante", confie Mme Cau, souhaitant rester discrète et se concentrer sur l'action municipale. "Justement, les gens ne m'ont pas élue parce que j'étais transgenre ou contre, ils ont élu un programme. C'est ça qui est intéressant: quand les choses deviennent normales, qu'on n'est pas montré du doigt", estime-t-elle.

 



Un buzz qui pose question


"Les récations sont très bienveilantes, très positives. On reçoit des messages de partout. Des félicitations, de personnes anonymes et de personnes célèbres. C'est un bouffée d'oxygène pour beaucoup de personnes", se réjouit Marie Cau. Son élection a attiré l'attention de tous les médias nationaux : "je m’attendais à être un peu exposée mais on s’attendait plus à un buzz local. On est très très surpris dans le village, moi et l’équipe, de ce qu'il se passe. On est étonné que quelque chose qui devrait être normal soit presque quelque chose d’exceptionnel".  Une "première" qui va dans le bon sens en tout cas, pour la co-présidente de SOS Homophobie Véronique Godet : cette élection va "marquer l'histoire des personnes trans et de la politique française".

 

Habitante du village depuis vingt ans, mère de trois enfants et défendant "un modèle basé sur le développement durable, l'économie locale et les circuits courts, le social et le mieux-vivre ensemble", elle cumulera ses fonctions de maire avec son entreprise de "conseil en informatique".

Pour la militante Stéphanie Nicot, "cette élection montre que même si la France est très en retard sur toutes les questions relatives aux minorités, nos concitoyens sont de plus en plus progressistes", choisissant leurs élus "en considérant la valeur des individus, indépendamment de leur identité de genre".
 
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