Deux employés d'une crèche People and Baby accusés de violence sur des bébés à Villeneuve-d'Ascq

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Après le décès d'une petite-fille contrainte de boire du Destop dans une crèche lyonnaise, le groupe People and Baby est au cœur de nouvelles accusations. Cette fois-ci, deux employés d'un établissement de Villeneuve-d'Ascq sont convoqués devant le tribunal correctionnel en mars 2023 pour des faits de violence sur mineur sans incapacité.

People and Baby dans la tourmente. Les crèches de la marque franchisée, présentes partout en France, font ces derniers temps l'objet de plusieurs accusations de violence sur mineur. Après la mort d'un bébé forcé à boire du Destop à Lyon, mercredi 22 juin, deux employés d'un établissement de Villeneuve-d'Ascq sont convoqués devant le tribunal correctionnel en mars 2023 pour des faits de violence sur mineur sans incapacité, indique le Parquet de Lille.

Une infirmière et une directrice de groupe sont concernées, selon La Voix du Nord, par ces convocations au tribunal. Celles-ci font suite à la plainte de deux parents, l'année dernière, pour des violences présumées commises sur leurs enfants au sein de la crèche People and Baby située à Villeneuve d'Ascq.

Accusations de "maltraitances"

La première plainte a été déposée en mai 2021 par Ghita, mère de deux jumeaux âgés de 28 mois, inscrits dans cette crèche. Un soir, au moment du bain, la mère de famille, médecin de profession, constate des lésions sur le corps de l'un des enfants. "En tant que médecin, il n'y avait pas photo, il s'agissait de lésions typiques, par leur forme, leur localisation et leur nature, de maltraitances causées par un adulte", raconte-t-elle lors de la matinale d'Apolline Malherbe, sur RMC.

Dans les colonnes de la VDN, la plaignante détaille les blessures présentes sur son garçon : "des bleus à la base du cou, des lésions d'empoignement sur le bras, des hématomes intercostaux et des griffes comme s'il s'était échappé et qu'on l'avait rattrapé."

La plainte de Ghita a entraîné l'ouverture d'une enquête. C'est dans ce cadre qu'a été entendu par la police Johanna, en juillet 2021, dont les deux enfants ont fréquenté cette crèche. Dans les pages de nos confrères, elle raconte voir son fils "qui se tétanise et fait des crises de pleurs" avant d'être retiré de la crèche en février et sa fille qui "se renfermait énormément", avant de quitter les lieux à la fin du mois de mai.

Appel à témoignage : une "centaine de signalements"

Ghita, la première plaignante, ne souhaite pas en rester là. "Il faut une tolérance zéro, insiste la mère de famille sur RMC. Il faut une prévention de la maltraitance. Que l'Etat mette en place des systèmes de contrôle inopinés dans les crèches." Il a lancé un appel à témoignage aux parents ou aux membres du personnel de crèche qui souhaiteraient alerter sur des dérives. Pour cela, une adresse mail a été créée : protectionenfancecreche@gmail.com. En moins de 72 heures, Ghita déclare avoir reçu "une centaine de signalements, longs, bien circonstanciés et documentés".

People and Baby, gestionnaire de crèche qui revendique 700 établissements en France, n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations. Sur son site internet, le groupe privé assure que "les collaborateurs people & baby font tous acte de bienveillance [...] dans une attitude de respect, d’écoute et d’empathie". Une image remise en cause par l'ensemble des accusations portées contre l'entreprise.