Nord : en colère, 250 chasseurs au gibier d'eau se réunissent à Arleux

Si la chasse de certaines espèces dites "nuisibles" est autorisée dans le Nord Pas-de-Calais malgré le confinement, ce n'est pas le cas de la chasse au gibier d'eau. Ce matin, 250 chasseurs se sont réunis à Arleux pour contester cette interdiction.

Les chasseurs contestent l'interdiction de la chasse au gibier d'eau pendant le confinement.
Les chasseurs contestent l'interdiction de la chasse au gibier d'eau pendant le confinement. © François GREUEZ
"La chasse au gibier d'eau est considérée comme une chasse de loisir or pour nous chasseurs, c'est plus que ça, c'est un mode de vie! " affirme Mickael Marcant, porte parole du collectif Chasseurs en colère de la Vallée de la Sensée. 

Les 6 et 7 novembre dernier, les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais, suivant l’arbitrage du ministère de la Transition écologique, ont signé des arrêtées autorisant la chasse pour certaines espèces dites "nuisibles" : les sangliers, le pigeon ramier ou encore le rat musqué.

Ces animaux sont "susceptibles d'occasionner des dégâts sur les terres agricoles" et donc leur chasse est considérée comme un travail de régulation, d'autant que les fédérations de chasse doivent indemniser à 100% les agriculteurs victimes de dégâts provoqués par le grand gibier, en particulier les sangliers.
 
La chasse au gibier d'eau, elle, reste interdite.

Un argument sanitaire pour les chasseurs

Les chasseurs réunis ce matin, "dans le respect stricte des règles sanitaires" affirme le porte parole, contestent l'interdiction de la chasse au gibier d'eau (oies et canards) qui n'est pas considérée comme une chasse de régulation mais comme de la chasse "traditionnelle".

La chasse au gibier d'eau se pratique seul ou en groupe réduit, elle se fait à la hutte, de nuit.

Pour Mickael Marcant, l'autoriser est une mission d'intérêt général."Il y a la grippe aviaire H5N8 qui est aux portes du pays, cette grippe est portée par les oiseaux migrateurs qui peuvent contaminer les élevages de volailles, c'est notre rôle de déceler les animaux atteints. Nous voulons être reconnus comme des veilleurs sanitaires" . Le 5 novembre, les départements du Nord et du Pas-de-Calais sont passés en risque "élevé" d’introduction de la grippe aviaire par les oiseaux migratoires.

Les chasseurs ciblent notamment la Ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, "qui nous refuse en bloc ce droit. Il faut savoir qu'on cotise pour chasser, ça nous revient à cher à l'année", ajoute Mickael Marcant. 

Le porte parole l'assure, "la chasse française se lève contre notre ministre, ce qui se passe n'est pas anodin."

"Le plaisir de tuer, rien de plus"

Paul Maerten, président de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) du Nord, se dit "très choqué" par cette demande. Selon lui, les chasseurs demandant la réouverture de la chasse au gibier d’eau sont motivés par "le plaisir de tuer, rien de plus."

Lorsqu’on évoque avec lui la mission d’intérêt général mise en avant par les chasseurs mobilisés, notamment au regard de la grippe aviaire H5N8, le président de la LPO du Nord affirme ne pas comprendre cet argument, ajoutant que "si la situation n’était pas aussi dramatique, cette situation pourrait être risible."

"Je ne vois pas bien comment un chasseur, en pleine nuit, peut déceler si un oiseau est atteint de la grippe aviaire ou non."

Paul Maerten, président de la LPO du Nord

Enfin, Paul Maerten rappelle que "la grippe est surtout répandue dans les élevages industriels, pas dans la nature", ajoutant non sans une pointe d'ironie que "si c'est en flinguant des oiseaux qu'on lutte contre la grippe aviaire, il faut tuer tous les oiseaux."

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