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Calais : le chef des bâtonniers demande de l'aide pour une maison du droit dans la "Jungle"

Le président de la Confédération nationale des bâtonniers et Avocats sans frontières ont appelé jeudi, lors d'un déplacement dans la "Jungle" de Calais, à la création d'une maison d'accès au droit dans le bidonville, financée par les barreaux de France.

Le bidonville de la "Jungle" à Calais.
Le bidonville de la "Jungle" à Calais. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
"Le contexte actuel se dégrade et les phénomènes de violences augmentent : violence entre migrants, violence policière et maintenant des phénomènes de violence venant de l'extérieur, type milice, qui se multiplient", a déclaré Yves Mahiu, président de la Confédération nationale des bâtonniers, tandis qu'il visitait la "Jungle". "On ne peut pas demander aux barreaux de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) et de Dunkerque (Nord) de supporter seuls tous les efforts, (...) il faut envisager un financement de structure pour une réponse à l'accès aux droits de façon permanente", a-t-il souligné, après avoir visité le centre d'accueil de jour Jules Ferry, en lisière du camp d'environ 4000 migrants.

Pour Francois Rosseel, bâtonnier du barreau de Dunkerque, qui l'accompagnait avec son confrère du barreau de Boulogne, "la justice doit venir sur place dans le camp (...) Les migrants aujourd'hui ne vont pas dans les structures existantes à l'extérieur du camp car ils n'ont pas confiance dans le système français", a-t-il expliqué. "C'est la première fois en 19 ans d'existence qu'Avocat sans frontières (ASF) travaille en France", a souligné le président de l'ONG, François Cantier. "Ici il y a des hommes et des femmes qui sont des êtres humains et qui ont des droits fondamentaux, qui en aucun cas ne sont liés à leur situation administrative".

Les avocats ont visité le camp pendant deux heures, se rendant notamment dans la "cabane juridique" installée dans la lande depuis le 11 janvier. Cinq avocats bénévoles - un Français, deux Anglais et une Italienne - y tiennent des permanences. Cette structure débordée - elle a accueilli en un mois 500 consultations juridiques -, non permanente et informelle a vocation à être développée et pérennisée, estiment les avocats. "J'ai le regret de ne pas avoir agi plus tôt, il faut maintenant rattraper le temps perdu", a lancé M. Mahiu. "Il va falloir mobiliser la solidarité de tous les barreaux de France", que ce soit via le déplacement d'avocats à Calais ou via un apport financier.
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