Ce qu'il faut retenir de la visite de François Hollande à Calais

François Hollande a promis lundi à Calais que le campement de la "Jungle" serait démantelé "avant la fin de l'année". Il a également précisé aux élus les modalités de cet objectif et fait d'autres annonces importantes. 

François Hollande à Calais ce lundi 26 septembre 2016.
François Hollande à Calais ce lundi 26 septembre 2016. © PHILIPPE HUGUEN/AFP


Le démantèlement de la "Jungle" sera complet et définitif

L'annonce avait été faite il y a quelques semaines. François Hollande n'a fait que la confirmer. Et compléter. Le démantèlement prochain de la "Jungle" de Calais se veut définitif : "Je suis donc venu à Calais aussi pour confirmer la décision que j'ai prise avec le gouvernement (...) de démanteler définitivement, entièrement, rapidement, c'est-à-dire d'ici la fin de l'année, ce qu'on appelle la Lande de Calais", a déclaré le chef de l'Etat lors du discours prononcé après la pose de la première pierre de l'extension du port de la ville.
"Jungle" de Calais : la promesse de démantèlement de François Hollande

"Je ne suis pas venu faire une annonce dont après il y en aurait beaucoup qui s'interrogeraient sur sa mise en oeuvre ou je laisserais, quel que soit le sort
des élections, à d'autres le soin de le faire à ma place. Non, tout sera fait. Tout sera fait d'ici la fin de l'année. Et je reviendrai avec le gouvernement après
le démantèlement complet et entier de Calais pour qu'il n'y ait pas de doute sur nos intentions et sur notre volonté
", a ajouté François Hollande.

Selon Xavier Bertrand, présent à une table-ronde en sous-préfecture de Calais avec les associations d'aide aux migrants, le démantèlement sera plus complet qu'attendu. Il ne concernera pas que la zone sud et ses tentes ou baraquements : "C'est l'évacuation complète, c'est-à-dire la fin de Jules Ferry, la fin du Centre d'Accueil Provisoire et la fin du campement dans la jungle", a rapporté ensuite le président de la région Hauts de France, Xavier Bertrand, après une réunion à huis clos avec François Hollande. "J'ai posé clairement la question pour qu'il n'y ait aucune ambiguité et il m'a bien confirmé que ce serait l'ensemble des sites qui serait clairement démantelé", a précisé M. Bertrand.
Démantèlement de la "Jungle" de Calais : interview de Xavier Bertrand

De source proche du dossier, on confirme que ce camp en dur "a vocation à être démantelé à terme, c'est un centre d'accueil provisoire". Mais "il est probable qu'on en ait besoin dans les semaines à venir" car il "pourrait être utilisé comme zone tampon". "Le gouvernement a la volonté clairement affichée de démanteler tous les camps, dont le CAP", selon le président de l'Auberge des migrants, Christian Salomé, pour qui cette décision "logique" serait néanmoins "préjudiciable pour l'avenir des réfugiés".

Les 170 containers accueillant chacun douze personnes (environ 1500 migrants), installés en janvier dernier auraient donc vocation à disparaître dans un délai qui n'a pas été précisé. Une "surprise" pour tous les acteurs de ce dossier. Jusqu'à aujourd'hui, c'est la destruction des tentes et abris de fortune qui était évoquée. Natacha Bouchart s'est félicitée que l'Etat envisage "pour la première fois" et "de façon très déterminé" que "l'ensemble du périmètre de la lande, y compris le centre d'accueil provisoire soit démantelé d'ici la fin de l'année".

La construction du mur anti-intrusion de migrants suspendue ?


C'est une autre surprise de taille. Natacha Bouchart dit avoir demandé "avec détermination" et obtenu du chef de l'Etat que la construction du mur "anti-intrusion" de migrants de 1km le long de la rocade portuaire, entamée mardi, soit suspendue. Elle estime que cet ouvrage n'a "plus lieu d'être" depuis que le démantèlement a été annoncé. Elle affirme avoir convaincu le chef de l'Etat. 

Mais aucune confirmation officielle n'est venue confirmer cette annonce. Le Président de la République n'a pas évoqué ce mur dans ces deux discours de la journée. Il faut rappeler que Natacha Bouchart ne souhaite plus la construction de ce mur "anti-intrusion" de migrants près du port (un kilomètre de long pour quatre mètres de haut, situé à quelques centaines de mètres de la "Jungle", et qui prolonge les clôtures grillagées existant déjà de chaque côté de la rocade menant au port de Calais). Les travaux ont commencé mardi dernier. Sa construction, financée par l'Angleterre (2,7 M€) doit s'achever "avant la fin de l'année" selon la préfecture du Pas-de-Calais.

L'aide aux entreprises du Calaisis sera doublée


François Hollande est aussi venu à Calais avec une annonce financière. Le fonds d'aide de deux millions d'euros, créé début septembre par le gouvernement et destiné aux entreprises du Calaisis en difficulté, en raison de la pression migratoire, sera "doublé", a-t-il indiqué. L'enveloppe "sera doublée car dès lors qu'une entreprise a une baisse de son activité jusqu'à 30, 40% (...) l'État doit faire preuve de solidarité, pour préparer l'avenir.
C'est un signe de justice mais aussi un signe de confiance
", a affirmé le président de la République. 
Calais : Hollande rencontre les élus puis les associations
Ce dispositif d'aides aux entreprises locales est destiné à soutenir plus directement les entreprises qui "souffrent". En parallèle, le chef de l'État a affirmé que la moitié de la somme du contrat territorial, un "engagement de l'État" à hauteur de 50 millions euros d'ici à 2020 pour "soutenir l'activité" et"l'attractivité" du territoire, sera versée "d'ici fin 2017". Pour l'instant, selon la maire de Calais, les versements tardent à venir et les acteurs économiques s'impatientent. 

M. Hollande a également réaffirmé la volonté de l'État de rouvrir "dans les plus bref délais" la ligne ferroviaire Calais-Le Boulou, fermée en juillet en raison de "l'insécurité" liée à la pression migratoire dans le Calaisis.

Les effectifs de police seront maintenus après le démantèlement

Selon la maire de Calais, le chef de l'Etat aurait également assuré que l'important dispositif policier mobilisé sur le Calaisis, quelque 2 100 hommes, un record, "restera en place" après le démantèlement puisque le gouvernement "n'acceptera pas qu'un seul campement puisse se réinstaller. Cela signifie que les forces de l'ordre vont chasser les migrants qui vont continuer à arriver".
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