Tour de France : Cofidis compte sur son grimpeur et philosophe Guillaume Martin pour renouer avec la victoire

Ce samedi, le Tour de France part, à une date tout à fait inhabituelle, de Nice. 22 équipes de 8 coureurs participent à cet événement maintenu malgré la pandémie de covid-19. Parmi elles, la formation nordiste Cofidis qui partira avec des ambitions qui reposent sur Guillaume Martin. Portrait.
 

© Sylvain THOMAS / AFP
Lundi, la direction sportive de Cofidis a fait connaître sa sélection pour la Grande Boucle, au lendemain du championnat de France où Christophe Laporte termine 7ème. Une sélection sans surprise avec deux chefs de file :  le sprinter italien Elia Viviani pour les étapes de plaine ; et le grimpeur normand Guillaume Martin pour les étapes de montagne. Mais vu l’omniprésence de cette dernière sur cette édition innovante, c’est bien sur le coureur français que comptera avant tout le team basé à Bondues.

Le Tour de France 2020, c’est 8 étapes de montagne avec 4 arrivées en altitude ainsi que 3 étapes "accidentées". Ce parcours totalement favorable aux grimpeurs convient parfaitement au leader de Cofidis, qui disputera son 4è étape Tour de France, depuis ses débuts professionnels en 2016. Sous les couleurs de l’équipe belge Wanty- Groupe Gobert, ce garçon discret a terminé successivement 23ème en 2017 ; 21ème en 2018 et 12ème l’an passé. Donc à chaque fois parmi les meilleurs Français, mais sans faire de bruit. Il compte 7 victoires à son palmarés comme le tour de Toscane ou le Circuit de la Sarthe.

Le philosophe du peloton

Arrivé chez Cofidis cette année, il a pris une autre dimension, malgré une saison totalement tronquée pour tout le peloton. Troisième de la Classique de l’Ardèche en début d’année, il a brillé aux côtés des meilleurs depuis la reprise le 1er août. 8ème du Tour de l’Ain ou figuraient tous les favoris du Tour, il a ensuite terminé 3ème du Mont Ventoux Dénivelé Challenges et surtout, 3ème du Critérium du Dauphiné, considéré comme la répétition générale du Tour de France (derrière le Colombien Martinez et Thibaut Pinot).
 

L’objectif prioritaire, c’est de viser une victoire d’étape et, en fonction du scénario, de tenter d’obtenir une place d’honneur au classement général.

Guillaume Martin

Mais ce Normand du Sud-Manche (comme l’ex-speaker du Tour Daniel Mangeas) est aussi un coureur qui dénote dans le peloton. Comme Laurent Fignon ou Cédric Vasseur avant lui, il a mené des études supérieures.

Il a fait des études de philosophie et a obtenu un master à l'Université Paris-Nanterre en 2015. Il est aussi l'auteur d'une pièce de théâtre en rapport avec ses études, "Platon vs. Platoche", et d'un livre, "Socrate à vélo", publié en 2019. Bref, un cursus peu courant pour un coureur cycliste…
© Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Nous avions eu l’occasion d’en parler lors de la soirée de présentation de l’équipe 2020, en janvier dans des salons de réception de Saint-André. Le hasard a voulu que notre voisin de chaise ne soit autre… que le père de Guillaume Martin, venu pour l’occasion de Normandie.

Le matin même, son fils avait roulé avec une partie de ses futurs équipiers sur la piste du Stab’, le vélodrome couvert de Roubaix. Et cela même s’il n’était pas très à l’aise car Guillaume Martin est loin d’être un pistard.

S’il craint de monter dans les virages,  il est en revanche très à l’aise dès que la route s’élève. Comme on l’a vu encore dans le Dauphiné, c’est en accompagnant les meilleurs dans la montagne, et cela tous les jours, qu’il est parvenu à monter sur le podium, après le forfait du Slovène Primoz Roglic. Cette régularité sera encore son meilleur atout durant le Tour, où il espère au minimum décrocher un top 10.

Du renfort dans la montagne

C’est ce que le Manchois de 27 ans déclare : "Je suis très excité à l’idée de participer à mon 4ème Tour de France. Ce sera forcément une Grande Boucle particulière, d’autant qu’on a longtemps cru qu’elle n'aurait pas pu avoir lieu. C’est un soulagement d’être au départ avec un collectif aussi soudé. Grâce à mes bonnes prestations du mois d’août, je l’aborde avec confiance et ambition. L’objectif prioritaire, c’est de viser une victoire d’étape et, en fonction du scénario, de tenter d’obtenir une place d’honneur au classement général." Pour cela, Guillaume Martin aura à ses côtés une grande partie de l’équipe, avec des solides grimpeurs, comme l’Espagnol Jesus Herrada, qui aura des ambitions très proches ; mais aussi les coureurs français expérimentés  Nicolas Edet, Anthony Pérez et Pierre-Luc Périchon.

Elia Viviani, lui, pourra compter sur Christophe Laporte et son compatriote Simone Consonni pour l’emmener au sprint sur les rares étapes plates.

Avec ce duo, l’équipe Cofidis espère bien mettre fin à une disette de douze ans. C’est en effet en 2008 que Sylvain Chavanel a remporté une étape du Tour avec le maillot Cofidis sur les épaules, pour la dernière fois.

Avec le retour en World Tour, le team nordiste, qui sera dirigé par l’Italien Roberto Damiani et le Wallon Thierry Marichal durant ces trois semaines, espère de nouveau figurer au tableau d’honneur de la Grande Boucle qui s’achèvera le 20 septembre sur les Champs-Elysées.
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