Annulation de l'arrêté interdisant les cirques avec animaux sauvages à Beauvais, la mairie veut poursuivre le combat

Jeudi 27 mai, le tribunal administratif d'Amiens a annulé l'arrêté pris par la mairie de Beauvais interdisant les cirques avec animaux sauvages. Une victoire pour l’Association de défense des cirques, alors que la mairie annonce vouloir remporter ce combat.

Zèbre d'un cirque dans son enclos, septembre 2020 (illustration)
Zèbre d'un cirque dans son enclos, septembre 2020 (illustration) © FTV

"C’est une victoire totale, une de plus, et une défaite en rase campagne pour la ville de Beauvais", a réagi l'Association de défense des cirques.

Jeudi 27 mai, le tribunal administratif d'Amiens a décidé d'annuler l'arrêté interdisant les cirques avec animaux sauvages sur le territoire de la commune. "Madame Cayeux croyait pouvoir censurer des spectacles, parce qu’ils ne lui plaisent pas ! Un maire n’a pas ce pouvoir, même elle : c’est illégal et c’est tout", soutient l'association.

Cet arrêté avait été pris en octobre 2019 par la maire de Beauvais, considérant que ces spectacles constituaient un "obstacle au respect des normes concernant ces animaux car ils ne peuvent leur offrir un espace et des conditions de détention adaptés." Elle appelait également à signer la pétition relayée par l'association 30 millions d'amis.

Aujourd'hui, le cabinet du maire regrette cette décision : "On la regrette, mais on la respecte, c'est une décision de justice qui s'applique", affirme-t-il, tout en maintenant sa position. "Des animaux issus de la faune sauvage, de la savane, de la brousse, n'ont pas leur place à Beauvais. Même si les circassiens assurent prendre soin des animaux, voir un tigre enfermé dans une cage de 6 mètres carrés, c'est cruel. On sent aussi que les mentalités évoluent sur ces questions, on voulait rejoindre le combat des autres villes."

Une proposition de loi adoptée en première lecture

Selon les données de l'association Cirque de France, au 24 mai 2021, 436 communes ont pris position pour des cirques sans animaux dont 116 de plus de 10 000 habitants. "On attend de connaître les arguments qui ont été mis en avant pour casser notre arrêté, mais on finira par remporter ce combat", assure-t-on à la mairie de Beauvais. 

La proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale a été adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 29 janvier. Depuis, rien n'est inscrit à l'ordre du jour du Sénat. Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement, 43 ONG et 30 parlementaires, demandent ainsi que le texte soit débattu dans les plus brefs délais. "Un pan entier des êtres vivants doués de sensibilité est aujourd'hui laissé sans protection suffisante et il appartient aux décideurs politiques d'y remédier", écrivent-ils. 

Le texte de la proposition de loi prévoit notamment l’interdiction de l’exploitation d’animaux non domestiques dans les cirques et les émissions de télévision. Il interdit également la détention de cétacés dans les delphinariums, ainsi que leur reproduction en captivité. À ce propos, dans l'Oise, le Parc Astérix avait déjà pris la décision de fermer définitivement son delphinarium en janvier dernier. 

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