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Hubert de Givenchy raconté par France 3 Hauts-de-France

Hubert de Givenchy à Paris le 1er juillet 1978 / © STF / AFP
Hubert de Givenchy à Paris le 1er juillet 1978 / © STF / AFP

Natif de Beauvais, au nord de Paris dans l'Oise, le couturier de renommée mondiale Hubert de Givenchy a toujours été attaché à la Picardie. Il y a installé ses deux usines de parfum et y revenait régulièrement. Une actualité suivie par France 3 Hauts-de-France. 

Par Célia Mascre

C'est dans sa ville natale, Beauvais, que le jeune Hubert de Givenchy découvre les tissus et les matières. À l'époque, son grand-père est administrateur des célèbres manufactures de tapisseries des Gobelins et de Beauvais. Loin de renier ses origines picardes, le couturier disait : "cet héritage que j'ai eu la chance de pouvoir consulter a été d'une grande influence."

C'est d'ailleurs à Beauvais que le couturier a installé en 1968 sa première usine de parfum. Usine qu'il n'a jamais délocalisé : elle est toujours implantée dans l'Oise. Avec 35 millions de pièces produites par an, elle fabrique les trois quarts des produits Givenchy du monde.


Et sa ville natale ne l'a pas oublié, loin de là. En 2007, la maire de Beauvais Caroline Cayeux a remis une médaille d'honneur au couturier en présence des 300 salariés de l'entreprise beauvaisienne. France 3 Picardie avait couvert l'événement.


Quelques années plus tard, en 2017 précisément, le grand couturier revenait dans la région des Hauts-de-France pour inaugurer une exposition qui lui était consacrée, à la Cité internationale de la dentelle et de la mode (CIDM) de Calais. "Ce qui compte c'est l'harmonie. Il faut que les choses soient harmonieuses, du détail de la chaussure à la posture du mannequin. La mode doit embellir la femme", avait-il déclaré à notre journaliste Christelle Massin. 


Une exposition comme un hommage au célèbre couturier qui fêtait alors ses 90 ans. France 3 Hauts-de-France avait couvert cette rétrospective sur ses 40 ans de carrière.


C'est en grandissant qu'il se met à dessiner des silhouette de mode, suit des cours aux Beaux-Arts et à 17 ans, et débute sa carrière de couturier notamment chez Jacques Fath et Elsa Schiaparelli. À 24 ans, il décide d'ouvrir sa maison de couture à Paris. 

Sa première collection (1952), presque entièrement constituée de pièces séparables, susceptibles d'être combinées de diverses manières, remporte aussitôt un vif succès. Son mannequin fétiche est une star du moment, Bettina, dont il aime le style "frais, pimpant et dynamique".

La rencontre en 1953 avec Balenciaga, avec lequel il noue des liens d'amitié, est cruciale: "Balenciaga, c'était l'architecture, le génie, la beauté à l'état pur. Il m'a tout appris", déclarait Hubert de Givenchy qui n'a pourtant jamais travaillé auprès du couturier espagnol.

La grâce d'Audrey Hepburn



1953 marque aussi le début de 40 ans de complicité avec Audrey Hepburn, actrice à la silhouette gracile et au charme ingénu qui deviendra son amie et son égérie.

Plus qu'aucune autre, Audrey Hepburn incarnera le style Givenchy, cette élégance sans ostentation à la fantaisie discrète, à la simplicité confortable, classique mais pas austère. Hubert de Givenchy l'habille à l'écran ("Sabrina", "Breakfast at Tiffany's"...) comme à la ville.

Avec elle, "ange aux yeux de biche", "le travail devenait un acte de joie", déclarait le couturier. "Elle apportait aux vêtements la grâce qu'elle avait en elle".
La star hollywoodienne lui procure une nombreuse clientèle Outre-Atlantique, qui raffole des petites robes à l'élégance simple et confortable du couturier.

Je suis attachée à Givenchy comme les Américaines à leur psychiatre


Point final en 1995

En 1988, Hubert de Givenchy vend sa maison de couture au groupe LVMH mais reste directeur artistique. Il jettera l'éponge quelques années plus tard, en 1995. "J'étais devenu un simple employé dont on bafouait le nom", expliquait-il.

En juillet 1995, il présente sa dernière collection de haute couture, dédiée à son personnel, en présence d'Yves Saint Laurent, Christian Lacroix, Jean-Louis Scherrer, Kenzo, Paco Rabanne, Valentino... Une collection qu'il a voulue "toujours plus épurée, plus simple", guidé par le souci de "parvenir à l'essence même d'un manteau, d'une robe, d'un tailleur".


Quelques mois plus tard, en octobre, son ultime collection de prêt-à-porter, accueillie par une ovation, met un point final à sa carrière de couturier, au regard sévère sur la mode actuelle.

"On parle du luxe comme on n'en a jamais autant parlé", disait-il dans un documentaire diffusé sur la chaîne Paris Première en juillet 2015. "Il y a de plus en plus de robes mais pas de direction, des sacs avec des chaînes, des chaussures presque importables. Si c'est ça le luxe, ça n'a qu'un temps".

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