Joseph Dorkel, "le patriarche" des gens du voyage à Beauvais est décédé : "c'était un homme au grand cœur"

Véritable figure de la communauté gitane à Beauvais, Joseph Dorkel est décédé dimanche 10 janvier à l'âge de 63 ans. Il était notamment apparu dans le film "Mange tes morts : tu ne diras point" projeté au Festival de Cannes en 2014.

Jospeh Dorkel rencontré en 2014 pour la sortie du film "Mange des morts : tu ne diras point"
Jospeh Dorkel rencontré en 2014 pour la sortie du film "Mange des morts : tu ne diras point" © FTV

Les hommages sont nombreux sur les réseaux sociaux et à Beauvais. Tous soulignent l'engagement de Joseph Dorkel au sein de la communauté des gens du voyage. "Un homme entier, sincère, au franc-parler, engagé. Il s'employait à défendre et faire connaître le monde des gens du voyage", a réagi la maire de Beauvais, Caroline Cayeux.

Joseph Dorkel s'est éteint dimanche 10 janvier à l'âge de 63 ans. Il vivait sur l'aire d'accueil située au nord de Beauvais avec sa famille. Surnommé "le patriarche", il était devenu au fur et à mesure des années un véritable pilier respecté de tous. Il luttait notamment pour que sa communauté yéniche soit mieux intégrée. "Il y a encore des difficulté, des communes qui refusent que nos enfants aillent à l'école. On a l'étiquette de voleurs de poules et on restera avec cette étiquette-là, même l'administration n'arrivera pas à le changer", nous confiait-il en 2014. 

En 2014 justement, Joseph Dorkel apparaît dans le film "Mange tes morts : tu ne diras point" de Jean-Charles Hue centré sur la famille Dorkel et notamment les trois frères embarqués dans une histoire de vol de cuivre. Le film diffusé à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes est salué par la critique et obtient le prix du meilleur film au festival de Turin 2014 et le prix Jean Vigo.

Un porte-parole

Un an plus tard, Joseph Dorkel continue de jouer son rôle de porte-parole, notamment lors du procès suite au blocage de l'A1 à Roye dans la Somme en août 2015. Douze personnes de la communauté des gens du voyage comparaissent devant le tribunal d'Amiens. Dix d'entre elles encourent des peines de prison allant de 4 à 18 mois ferme et 400 000 euros d'amende. Des condamnations qui avaient provoqué la colère des gens du voyage. Présent au procès, Joseph Dorkel avait tenté d'apaiser les tensions : "je suis ému, pas révolté ni agressif, mais très touché parce que par cette décision c'est toute ma communauté qui est encore sanctionnée", avait-il déclaré.

Sur l'aire d'accueil où il vivait, un hommage lui est rendu depuis dimanche. "Joseph était aimé, c'était un homme au grand cœur. Il s'occupait beaucoup de nous, au niveau des emplacements, de notre liberté. Il a laissé une marque et je pense qu'il y aura une continuité. D'autres hommes prendront la relève", confie Jean-Pierre son beau-frère. 

De partout en France, des personnes ont manifesté leur souhait de se rendre à cette veillée qui durera jusqu'aux obsèques. 

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