Dans l'Oise, les pompiers disposent désormais d'un QR code pour sauver les œuvres d'art dans les musées et églises en cas de sinistre

Quelles sont les œuvres à protéger en cas d'incendie ou d'inondation ? Comment faire ? Les sapeurs-pompiers de l'Oise peuvent avoir accès à ces informations directement via un QR code devant les sites culturels et cultuels. Explications.

C'est une première en France. Les sapeurs-pompiers de l'Oise vont pouvoir s'appuyer sur la technologie lors de leurs interventions dans les musées et églises. Depuis la mi-janvier, des QR codes ont été installés devant l'entrée des sites culturels et cultuels du département. En les scannant, les pompiers récupèrent plusieurs informations : un plan du site, la date de la construction, les matériaux utilisés, les œuvres à sauver en priorité, les personnes à prévenir, l'état des sols, les arrivées de gaz... "Il y avait un véritable besoin. Seulement 20 à 30 % des plans d’urgence sont réalisés par les gestionnaires de biens culturels. Pour les églises de village, rien n'était prévu par exemple", explique le commandant Eric Feuillet.

L'Oise, un "département très riche en patrimoine"

Cet outil numérique a été imaginé en 2019 par le SDIS 60 : "On a une équipe spécifique de six personnes qui œuvrent pour la protection du patrimoine. On voulait un outil car le département de l’Oise est très riche en patrimoine. Il y a bien sûr le musée de Chantilly qui arrive en deuxième position à l'échelle nationale pour la valeur des œuvres des XVIIIe et XIXe siècles après le Louvre, mais il y a aussi beaucoup de musées et d'églises. Quand on regarde ce qu'il est arrivé à Notre-Dame ou encore à la rosace de la cathédrale de Soissons, on veut éviter le pire."

Une start-up isarienne à la conception

Le service de secours lance alors un appel d'offres. C'est la start-up IDU, implantée dans le parc technologique des Rives-de-l'Oise, qui est choisie. "Ça répond à une vraie demande des communes. Une dizaine de SDIS en France nous ont déjà contactés pour tester, eux aussi, le dispositif", se réjouit Mathieu Tarrade, co-fondateur de la start-up IDU.

L'entreprise avait déjà collaboré avec les pompiers isariens sur une autre application qui permet aux secours d’avoir accès au dossier médical d’une victime en flashant un QR code. Pour le projet sur le patrimoine, l’investissement s'élève à 40 000 euros, financés par le SDIS et le conseil départemental.

Les données sont sécurisées

En flashant le code, le grand public peut avoir accès aux informations culturelles tandis que les soldats du feu peuvent consulter toutes les données. Ces dernières sont protégées sur des serveurs sécurisés. 

Pendant une intervention, tous les contacts et toutes les ressources disponibles sont automatiquement mis en œuvre : maire, directeur de musée, camions frigorifiques... L’ensemble des utilisateurs est aussi informé de l’évolution de la situation.

Plus de 700 sites concernés

Actuellement, une dizaine de sites sont intégralement équipés. Parmi les premiers, l'église de Venette. La statue de Saint-Martin en tenue épiscopale figure en tête de liste des biens à mettre à l’abri. "C'est une superbe statue en bois. Entre son aspect ancien et sa matière, elle devient prioritaire. Grâce au QR code, on peut trouver les consignes pour sortir l'œuvre rapidement et en toute sécurité. Si on a que dix minutes pour intervenir, ça vaut le coup", détaille le lieutenant Mathieu Devred, sapeur-pompier volontaire et prêtre. Avec sa double casquette, il a fait partie de l'équipe qui a participé au projet : "On a identifié à peu près 700 biens culturels dans le département qui pourraient bénéficier de cet outil." Dans l’Oise, les pompiers accomplissent chaque année 65 000 interventions.