Oise : hémiplégique et archer, Jean-René Luc tire à l’arc avec sa bouche

À 33 ans, Jean-René Luc pratique le tir à l’arc au club de Béthisy-Saint-Pierre dans l’Oise. Hémiplégique, il est le seul archer des Hauts-de-France à tirer avec sa bouche.
L'année dernière, Jean-René Luc s’est classé 5e du championnat de France handisport de tir à l’arc en salle.
L'année dernière, Jean-René Luc s’est classé 5e du championnat de France handisport de tir à l’arc en salle. © FTV / N. Ben Ghezala
"À force, c’est fatiguant. Le plus difficile, c’est la mâchoire". Pour atteindre la cible située au fond du gymnase de Béthisy-Saint-Pierre, Jean-René doit saisir la flèche avec les dents puis bander l’arc. Dans la région, il est le seul archer à utiliser cette technique.

À 33 ans, Jean-René est hémiplégique du côté gauche. Après avoir longtemps pratiqué la sarbacane, il est passé au tir à l’arc il y a cinq ans. "Il faut être très concentré et ne pas bouger le bras" explique le sportif.
 
L’Isarien trouve son épanouissement dans le sport depuis que sa vie a basculé après un accident de vélo. Il était alors âgé de neuf ans. "Je suis tombée sur la route derrière mon domicile. Je suis tombé la tête la première sur la route. J’ai eu un traumatisme crânien et j’ai fait deux mois et demi de coma, raconte l’archer. Puis j’ai fait de la rééducation et j’ai dû apprendre à remarcher et à parler".
 
Pour Jean-René, le plus difficile dans cette discipline est de bander l'arc avec la mâchoire.
Pour Jean-René, le plus difficile dans cette discipline est de bander l'arc avec la mâchoire. © FTV / N. Ben Guezhala

Ce drame ne l’a pas empêché de pratiquer ce sport. Au milieu des valides, Jean-René ne tremble pas. Au printemps dernier, il s’est même classé 5e du championnat de France handisport de tir à l’arc en salle.  "Il fait de très bons résultats par rapport à son handicap, Philippe Commère, président La Compagnie d'Arc. Même supérieurs aux miens !"
 

On le surnomme Oeil de lynx.


Malgré ces très bons résultats, Jean-René ne pratique pas le tir à l’arc autant qu’il le souhaiterait. Le reste de la semaine, il est employé par l’ESAT de Verneuil-en-Halatte, près de Creil, en tant qu’ouvrier de fabrication. À son poste de travail, son coup d’œil est bien utile. "De temps en temps, je l’appelle œil de lynx, glisse Loria Laribi, monitrice d'atelier.  Il voit tout de loin et dès qu’il voit un défaut, il dit où ça ne va pas".

Chaque vendredi soir après le travail, Jean-René retourne au gymnase pour pratiquer le tir à l’arc. "C’est du bien-être, j’adore ça. On se sent à l’aise, on se sent bien". Qualifié pour les prochains championnats de France handisport, Jean-Luc René poursuit ses entraînements sans jamais rien lâcher.
 
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