Le kokedama, un art végétal nippon de plus en plus tendance : "les Japonais ont l’habitude dire qu'il est le reflet de celui qui l’a fait"

Créé dans les années 90 au Japon, le kokedama est une méthode de culture des plantes qui se situe à mi-chemin entre le bonsaï et l’ikebana tout en gardant le minimalisme de ces arts traditionnels. Petite leçon de jardinage japonais.

C’est un art végétal qui prend doucement racine en France. Depuis quelques années, le kokedama s’installe petit à petit dans les jardins, sur les terrasses, les balcons, mais aussi dans les salons.

Le kokedama, littéralement sphère de mousse, "magnifie et sublime la plante, témoigne Bruno Alary. Ça la met en valeur. On peut tout se permettre. Moi, j’ai des kokedama qui font 1m80/2m de haut et jusqu’à 16 kg". Le fondateur de l’atelier Koked’âme était présent la deuxième semaine d'octobre aux journées des plantes au château de Chantilly pour y animer des ateliers.

Terreau, argile et sphaigne

La première étape est de libérer la plante de son pot et de sa terre pour mettre ses racines à nu. C’est autour des racines que va être sculptée la boule de mousse. Pour cela, il suffit de les entourer d’un substrat humide et un peu collant, "un mélange de terreau spécifique à chaque plante et d’argile, explique Bruno Alary. Ce que je vais mettre pour une succulente ou pour une cactée n’aura absolument rien à voir avec ce que je vais mettre pour une plante d’intérieur". Au Japon, on mélange du terreau à du kéto, un mélange spécial de tourbe noire et d’argile.

La texture du substrat va permettre de façonner la boule de terre à laquelle il faut ajouter de la sphaigne en morceau pour garder de l’humidité dans la terre.

"On ne mettra pas de sphaigne pour des cactées par exemple, précise Bruno Alary, justement parce que ce genre de plante ne supporte pas l’humidité et qu’il faut que la boule draine l’eau. Si le terreau est un peu grossier, c’est mieux : ça permet de laisser dans la boule des petits passages pour les racines".

Enveloppe de mousse ficelée

Une fois la boule de terre façonnée, il faut la compacter un peu pour en faire sortir l’excédent d’eau puis l’envelopper dans un carré de mousse que l’on va travailler pour qu’il épouse la forme de la boule de terre. Il faut bien modeler le tout pour chasser l’air entre le substrat et la mousse. Pour faire tenir tout ça, il faut ficeler le tout en enroulant le fil quartier par quartier puis tout autour de la circonférence.

Une fois ficelée, on continue à façonner la boule. Sa forme et sa taille n’ont pas d’importance selon Bruno Alary : "elle peut ressembler à une poire ou à un ananas, peu importe. À ce stade, c’est très personnel. On est dans la création pure. Les Japonais ont l’habitude dire qu’un kokedama est le reflet de celui qui l’a fait".

Pour un rendu très net, on peut tailler la mousse au ciseau. Il est même possible de faire un kokedama avec plusieurs plantes différentes. Mais il faut qu’elles aient les mêmes besoins en eau.

Une fois le kokedama achevé, on peut le poser sur un pot de fleur ou dans un récipient plat. "Dans ce cas, il faut mettre un anneau à plat sous le kokedama, conseille Bruno Alary, pour que l’air circule dessous. Si l’air ne peut pas circuler sous le kokédama, l’humidité reste. Et le risque, c’est que les racines sortent parce qu’elles se plaisent bien dans l’humidité". On peut également le suspendre pour une décoration plus originale.

Jusqu'à deux ans de durée de vie

Pour l’entretien et l’arrosage, Bruno Alary déconseille le bassinage qui risque de détremper le substrat et de le faire se décrocher des racines. Il préconise plutôt de faire "un petit puits dans la sphère pour ensuite arroser avec un petit arrosoir ou une pipette". Et pour ne pas perdre de vue l’emplacement de cette ouverture, il suffit d’y placer un bâton.

La fréquence d’arrosage est évidemment fonction de la plante. Un bon indice : lorsque le kokedama est léger, alors la plante a soif. Il est préférable de ne pas l’arroser avec de l’eau du robinet "parce qu’il y a du calcaire et du chlore et qu’il n’y a pas de nutriments. On peut ajouter à l’eau quelques gouttes d’engrais liquides biologiques".

Sans soleil direct, sans courant d’air et une température modérée, la durée de vie d’un kokedama est de un à deux ans, selon la croissance de la plante.

Se présentent alors deux possibilités : "soit on fait une plus grosse boule ! s’amuse Bruno Alary. Soit on remet la plante en terre : en pot si c’est une intérieur, en pleine terre si c’est une extérieur". Deux techniques pour cette dernière configuration : poser le kokedama directement sur la terre, "les racines vont finir par sortir de la boule tout en préservant sa forme et le kokedama va continuer à grandir comme ça. Soit on démonte tout et on replante directement".

Avec Lena Thobie-Gorce / FTV

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